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Full text of "Glossaire du patois du Val de Saire, Manche, suivi de remarques grammaticales"

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s 



/(fû 



GLOSSAIRE 



DU 



PATOIS DUVAL DE S AIRE 



(MANCHE) 



SUIVI DE REMARQUES GRAMMATICALES 



PAR 



AXEL BOMDAHL, 

DOOTEUR EN PHILOSOPHIE. 



I 1 

I ■ \ 






INTRODUCTION. 

Après la conquête romaine le latin populaire était, 
dans la suite des temps, devenu le langage de la Gaule. 
Mais, comme une langue, pas plus que toute autre chose 
en ce monde, ne peut être indépendante du milieu où 
elle se dévploppe, ce latin populaire subit diverses transfor- 
mations sous l'influence du climat, de la i*ace et de 
l'idiome primitif des différentes régions parmi lesquelles 
il s'est l'épandu. Ainsi, vers le IX:e siècle le latin po- 
pulaire se divise en deux grands groupes qu'on à dé- 
signés, selon riiabitude fréquente au moyen âge, d'après 
la particule affirmative employée pnr chacun d'eux, sous 
les noms de langue (Foc et de lancfue (Voit, — C'est à 
quelques observations sur celle-ci que nous devons nous 
borner pour ne point nous écarter de notre but. 

Quel est le domaine de la langue d'oïl? Si nous 
nous figurons une ligne droite tirée entre la Rochelle et 
Grenoble, elle sera à peu prés la démarcation, au nord 
de laquelle nous trouverons le dit langage. Or, les con- 
ditions qui modifient une langue se trouvant naturelle- 
ment sur ce vaste territoire, on remarquer dans les 
anciens monuments, combien la langue d'oïl, à son tour, 
se divise de plus en plus en divers parlers, dont chacun a son 
centre principal. On peut, vers le XII:e siècle, en dis- 
tinguer cinq, le groupe de l'est, celui du nord-est, 



celui du nord-ouest, celui du sud-ouest et celui du centre- 
nord. On appelle généralement les trois premiers 
groupes les dialectes bourgiiiynovj ^;/a/rrf et tiormafid. 
Le quatrième, encore mal connu, peut s'appeler le dia- 
lecte poitevin. Entre ces quatre formes se place de toute 
façon la cinquième *), dont le domaine comprend, parmi 
d'autres provinces, celle de l'Ile de France, plus anci- 
ennement appelée France. — Ainsi le français n'était 
à l'origine qu'un dialecte du même rang que les trois 
autres dialectes principaux; et, quoique, à partir du XII:e 
siècle, la prédominance du dialecte français sur les autres 
devienne de plus en plus sensible, ce n'est que plus 
tard que les événements politiques en firent la langue 
officielle et littéraire. Tous ces dialectes avaient, au 
moyen âge, leurs littératures distinctes, dont les diffé- 
rences cependant portaient plus sur la forme des mots 
que sur la syntaxe de la langue. 

Le dialecte qui différait le plus du français était 
le normand ou le langage de la province anciennement 
appelée la Xeustrie, Cette province, à cause des vicissi- 
tudes qu'elle a subies, attire à un haut degré notre in- 
térêt, car il y a lieu de supposer que les événements 
historiques dont elle a été le théâtre ne se sont pas 
produits sans laisser, dans le langage du pays, deftraces 
d'une importance plus ou moins grande. On a cru long- 
temps que la conquête du Rollon, par laquelle la Neu- 
strie est devenue la Normandie, avait en traîne avec 
elle de grands changements dans le langage qu'on y 
parlait. Mais, des recherches philologiques faites de 
nos jours ont prouvé qu'on en avait exagéré l'impor- 



*) G. Taris. Leçon d'ouverture p. 8. 



5 

tance. "Les hommes du nord", dît M. Littré, "n'ont pas 
modifié le parler de la Neustrie, ils l'ont donc trouvé 
tout fait, car, visiblement, il n'est pas postérieur à leur 
établissement." C'est que les conquérants barbares fu- 
rent, en peu de temps, dans le sens figuré du mot, vain- 
cus par les anciens habitants du pays. 

Dans le siècle suivant, la conquête de l'Angleterre 
mit les Normands en rapport avec un pays nouveau, mais 
la modification que subit plus tard l'idiome des con- 
quérants ne se fit sentir qu'en Angleterre et ne put 
exercer aucune influence sur le normand du continent. 
Ainsi le langage resta à peu près le même jusqu' à 
l'an 1154, où, par suite de l'avènement de Henri II 
Plantagenet au trône d'Angleterre, une modification 
s'introduisit dans cet état des choses. Ce prince, avant 
d'être duc de Normandie et roi d'Angleterre, était comte 
d'Anjou, du Maine et de Touraine; par conséquent, la 
Normandie, dont les souverains d'origine normande jusqu' 
ici avaient fait de ce dialecte la langue de la cour et 
de l'administration, se trouvait réunie à des pays dont 
le dialecte différait profondément du sien par son con- 
sonantisme. Ce rapprochement d'idiomes différents n'a 
pas manqué d'exercer une grande influence sur le nor- 
mand, au moins sur le normand littéraire. Le nombre 
de trouvères écrivant en normand diminue de plus en 
plus; à leur place on voit bientôt une autre génération 
de poètes, qui, pour plaire à la cour française, emploient 
un langage dont les caractères essentiels sont plus fran- 
çais que normands. — La réunion de la Normandie à 
la coui'onne de France, au commencement du XIII:e 
siècle devait encore contribuer à eff'acer les caractères 
primitifs du normand. C'est ainsi que le normand, sup- 



6 

planté pal' le dialecte de l'Ile de Frauce, peu à peu 
descendit du rang de dialecte, ''c'est-à-dire de langue 
écrite et parlée.", à celui de patoisy "c'est-à-dire d'idiome 
siraplemeut parlé". 

Entre les particularités qui distinguaient le dialecte 
normand, il me suffira d'en indiquer deux, auxquelles nous 
reconnaissons un texte normand. On y remarquera 
d'abord une prédilection marquée pour la diphtongue ei, 
qui se met partout à la place de e long et de / bref 
latins, accentués ou de e suivi d'une gutturale, tandis que 
les autres dialectes emploient en pareil cas la diph- 
tongue 0/ (te, teif toi; quici, quei, quoi; rex, reif roi). 
Puis, l'imparfait des verbes de la première conjugaison, 
au lieu d'être en oie, comme dans les autres dialectes, 
était dans l'ancien normand en oe, oits, formes qui, 
toutefois, donnèrent place à eie (comme dans les autres 
conjugaisons).. 

On a aussi remarqué la prédilection normande pour 
la notation du son ou par la lettre u; cependant on 
peut conclure des scrupuleuses recherches de M. G. Pa- 
ris*) que rien n'autorise à attribuer cet usage au dia- 
lecte normand proprement dit. En même temps que 
le savant j)hilologue cite plusieurs exemples de textes 
n'appartenant pas au dialecte de l'ouest, qui font usage de 
u pour exprimer le son oiCj il nous fait remarquer que, 
dans le XII:e siècle, c'est au contraire Vo qui a prévalu 
dans le normand. Mais plus tard, quand les dialectes 
se furent nettement séparés., les scribes anglo-normands 
adoptèrent d'habitude la notation u, tandis que les au- 
tres se servirent ordinairement de la lettre o pour ex- 



*) VII:e façc. de la bibl. des h. études. 



primer le son intermédiaire entre o et «, pour lequel 
on, n'avait pas encore inventé la combinaison ou. Mais 
ce qui demeure acquis comme un fait incontestable, c'est 
que le dialecte normand, considéré dans son ensemble, 
nous offre plus d'exemples de l'emploi de la lettre ti 
que les autres dialectes, qui substituent souvent à cette 
voyelle o, ou et même en. 

Dans le système des consonnes il n'y a que les gut- 
turales qui appellent ici notre attention particulière. 
Le dialecte picard laissait habituellement persister les 
sons du c et du g latins quand ces lettres étaient sui- 
vies d'un a, en rendant le premier par c, k ou q, le second 
par g; le français moderne rend les sons respectifs par ch 
et y (cattusy cat, chat; gamba, gambe, jambe). D'un 
autre côté, dans les mots où le français emploie le c 
sibilant et ss pour exprimer le c latin devant e, î\ qu 
devant i\ ci, ti transformé en sibilant, le picard préfé- 
rait la notation ch (centum, chent, cent; captiare, caehier, 
chasser). Voyons maintenant comment se comporte le 
normand à cet égard! Dans le premier des deux cas 
on trouve le c guttural maintenu dans la plupart. des 
textes qui précèdent la l:ère moitié du Xll:e siècle; après 
il change toujours; et il est bien probable, quoique je 
ne sois pas en état de le constater, qu'il en est ained 
du g. Pour le second cas, on peut poser comme une 
règle, qui cependant comporte un certain nombre d'ex- 
ceptions, que le son dont il s'agit est habituellement 
rendu par ch comme dans le dialecte picard *). 

11 va sans dire que, pour celui qui voudrait entrer 
dans de plus amples détails, il y aurait encore matière 



*) Joret, Du C dans les langues romanes, et aillleurs. 



à un grand nombre d'observations importantes sur l'an- 
cien langage normand; mais nous croyons du moins 
avoir indiqué dans les lignes ci-dessus ce qui en con- 
stituait les caractères distinctifs. 

Nous avons dit que c'était le dialecte de l'Ile de 
France qui, devenant la langue officielle et littéraire, 
l'avait emporté sur les autres; il ne leur était plus per- 
mis de se regarder comme les égaux et les frères de 
celui-ci, qui, tout en s'enrichissant de ce qu'ils avaient 
dé meilleur, leur demandait la soumission absolue. Ce 
ne fut pourtant pas sans résistance que les vain- 
cus se soumirent à la loi du vainqueur. Aussi, malgré 
la monarchie centrale et les conquêtes de provinces 
qu'elle avait faites même dans le domaine du langage, 
voit-on encore au XIV:e siècle des oeuvres littéraires 
de quelque valeur qui dans leur forme ont. gardé les 
principaux caractères du dialecte. Mais depuis cette 
époque ce n'est guère que dans la bouche de la popula- 
tion des campagnes qu'on retrouve les traces de l'ancien 
dialecte provincial qui, tout déchu et souvent tout dé- 
-figuré qu'il est, aujourd'hui n'en est pas moins reconnais- 
sable. Or, pour citer M. Brachet *), "les patois ne sont 
point, comme on le croit communément, du français litté- 
raire corrompu dans la bouche des paysans: ce sont les 
débris des anciens dialectes provinciaux, que les événe- 
ments politiques ont fait déchoir du rang de langues 
oflEîcielles, littéraires, à celui de langues purement par- 
lées". Ainsi, les dialectes et les patois étant les affluents 
partis de sources différentes qui en se réunissant ont 
formé la langue littéraire, on comprendra facilement 



*) Brachet. Grammaire historique de la langue française p. 47. 



9 

leur importance pour l'étude de celle-ci. C'est pour- 
quoi j'ai essayé de contribuer par ce modeste ouvrage 
à la connaissance d'une branche de la grande souche 
normande. Il est vrai que le territoire de mes recher- 
ches est assez petit en comparaison de la grande pro- 
vince de Normandie, mais j'ai cru devoir les limiter afin 
de mieux en assurer l'exactitude. La localité», qui est 
un facteur essentiel du langage humain, exerce sur les 
patois une si puissante influence que dans la même pro- 
vince on entend plusieurs parlers, qui diffèrent consi- 
dérablement les uns des autres Ces différences vont 
certainement s'atténuant, pour ainsi dire, de jour en 
jour; mais est-il besoin de dire que ce n'est pas vers 
un patois commun que tend ce travail de nivellement, 
qui s'opère sans cesse par l'influence de renseignement 
primaire et des chemins de fer? C'est sans doute le 
manque de ceux-ci et de grandes villes qui rend le pa- 
tois du Val de Saire assez typique comme du patois 
normand. On peut encore parler d'un patois normand 
commun, car bien que les différents patois normands aient 
des caractères particuliers à chacun d'eux, — particu- 
larités portant surtout sur le vocalisme et le lexique — , 
ils en offrent encore quelques-uns qui sont communs 
à tous. 

Mais les siècles qui se sont écoulés depuis l'époque 
où l'on se servait en Normandie du diale^e commun 
dont nons venons d'indiquer quelques caractères di- 
stinctifs y ont naturellement amené des changements 
essentiels, dont il faut en peu de mots déterminer la 
nature et la portée. Le patois actuel ne connaît pas 
de forme de l'imparfait en oue ni en eie, qui lui soit 
particulière. La prédilection pour Vu ne s'y retrouve 



10 

pas non plus; quant à celle pour la diphtongue ei, elle 
s'est conservée jusqu'à nos jours; toutefois, cette diph- 
tongue s'affaiblit ordinairement en é. L'usage régulière- 
ment suivi dans Taucien langage de maintenir le son 
guttural du c et du g latins et de changer le son sibi- 
lant eu chuintant est beaucoup plus fréquent dans le patois. 

Ces remarques générales^ brièvement exposées, nous 
conduisent vers l'objet même de ce travail. 

Quant à l'orthographe que j'ai employée, je me 
suis attaché à écrire phonétiquement; mais comme le 
manque de signes particuliers pour chaque son et la 
nécessité de quelquefois employer deux caractères pour 
un son simple m'ont réduit à des inconséquences, je vais 
tâcher d'en expliquer les essentielles dans uu 

-A^perçix phonétique. 

Les voyelles du patois du Val de Saire sont: i, î; 
u, û; e, e, ë, ë, ë» ^, eu, eu; a, à; o, ô, ou. 

i, i, iif M, é, 6 et ou ont la même valeur qu'en fran- 
çais. 

€ est palatal, fermé et bas*) (œ low-front narrow 
selon la désignation de M. Sweet)**), représentant le 
son de la voyelle dans le mot suédois bàsL 

ê a les mômes qualités, excepté qu'il est long, 
comme dans le suéd. hâr ou l'angl. air. 

è est ^palatal, ouvert et moyen {e mid-front wide), 
représentant le son du a dans le suéd. r/im*. 



*) Les désignations haut, moyen et bas pour les voyelles sont 
traduites de l'anglais kigh, mifi, low, et regardent les mouvements 
vertioaux de la langue ou sa distance du palais. 

**) Handbook of Phonetics, p. 16. 



11 

e après n, précédé de ij u^ e, a ou o est nul, ne 
servant qu' à ôter à la voyelle précédente sa nasalisation; 
autrement il se prononce comme dans le français que, 

eu est palatal, ouvort et moyen ("a mid-front 
wide"), représentant le son de la voyelle dans le fr. 
peuple, ou, quand il est final, allongé comme dans ^;e«r. 

eu est palatal, fermé (?)*) et bas ("ce low-front narrow" 
(?)), représentant le son de la vo^yelle dans le suéd. /or. 

a est ordinairement Va français bref, qui est faible- 
ment palatal **), mais dans la terminaison ane, où Va 
a pour équivalents français aine, eine, ^. ex.^ ffrane, pane. 
Va du patois est encore plus palatal, s'approchant de r<ï 
suédois bref, quoique ce ne soit pas ce son, 

â est guttural, ouvert et bas ("a low-back wide**), 
représentant Va long dans le fr. lâche ou le snéà.fader, 

est guttural, feimé et moyen ("o mid-back nar- 
row"), représentant le son de la voyelle dans le fr. tôt, 
beau, tandis que le son ouvert y correspondant ("o niid- 
back wide"), qu'on entend, p. ex., dans école, ne se trouve 
pas dans le patois. 

ô est plus fermé et plus long que l'o; c'est Vo fermé 
dans le Scandinave sko, god, son qui se produit par "the 
rounding or labialization of u high-back narrow", c'est- 
à-dire, de Vou français ***). 

Les voyelles i, Uy e, â, o suivies de n, soit final, 

soit ]3récédant une autre consonne, se sont nasalisées; 

je les ai représentées par w, un, en, an, on. 

/ 



*) Comparez Storra, Engelsk Filologi I. Kristiania 1879, p. 42. 
**) voir Storm, p. 43, 



<it« 



*) Sweet, on Danish PronunciatioD, cité par Storm, p. 41. n. 1. 



12 



in, un, en, on ont la même valeur qu'en français. 
La voyelle dans an est bien difiïeile à déterminer, mais 
il me paraît qu'elle s'approche le plus de l'a dans Tangl. 
saw ("3 low-back narrow"). 

Par la combinaison de ces voyelles, le patois a obtenu 
les diphtongues*) suivantes: 

ai, éi, ie, i'ê, fie, ïië, oûë, ouo; 
tti, uë, ieii, ieû, oui, mié, otië, aô, ouô, 
dont les 8 premières sont, selon la terminologie de M. 
Sweet, "after-glide diphtongs", ou, comme elles sont aussi 
appelées, diphtongues fortes, c'est-à-dire, c'est la premi- 
ère voyelle qui a l'accent le plus fort. 

Les 9 dernières sont "fore-glide diphtongs" ou diph- 
tongues faibles. 

' remplace e muet dans le français. 

Si nous arrangeons les consonnes suivant la manière 
dont elles se produisent,nous aurons ce tableau**): 



Labiales. 






00 



» ^ 
• et 

9 
I 



Lingiio palatttlesi 



^ O 
ê ce 



oc 






?=^ 






p I 






^ ^& 



— CD P 



1^ 



»3 
I 



^ Cî> I OC 
OD V^ 



ct> ce 



17 1 . Tenues 
Lxplosives w i- 
^ I Médise 

c •« * [Tenues 



Nasales v. 



B 



p 

b 




t 
d 






qu 
gu 


c 
g 


• 


f 

V 


s, c 
z 




ch 

■ 

.1 






m 




n 
1 


r 


g» 
1 







*) Pour la signification du terme, voir Sweet, Phonetics, p. 66^ 

**j Comparez Sievers, Grundzuge der Phonetik. Leipzig 1881, 

p. 106 et Lundell, Det svenska landsmâlsalfabetet, Stockb. 1879, p. 2L 



13 

Ajoutous-y la spirante laryngienne h. 

P, b; f, v; t, d, z, n, 1; ch, j ont la même valeur 
qu'en français. 

m signifie le son qu'il a clans le francjais au com- 
mencement d'un mot ou devant une voyelle. 

s signifie Ys "sourde" du français;. c'est aussi le son 
du c postdental ou c devant une voyelle palatale. 

r supradental représente le r français non grasseyé. 

gn est toujours mouillé; il représente le son de 
l'italien gn *). 

I est un / vraiment mouillé, c'est-à dire, le dos 
de la langue doit être placé vers le palais en même 
temps qu'on prononce le /. 

qu et gu devant une voyelle palatale représentent les 
mêmes sons que les qu et gn français devant ces voyelles. 

c médio-palatal (guttural) ou c devant les voyelles 
gutturales, à la fin des mots ou devant une autre con- 
sonne représente le son guttural de cette lettre dans le 
français. 

g représente le g guttural du français. 

r ne se trouve pas dans le français; il se produit 
par les vibrations de la luette **). Le son est si peu 
marqué que, l'entendant pour la première fois devant 
un e final, on a de la peine à le distinguer de la voyelle 
suivante. 

Le h est assez fortement aspiré. Il m'a paru que 
l'aspiration s'accuse surtout dans les mots oii le h est 
étymologique, c'est-à-dire dans ceux qui sont tirés des 
langues germaniques, p. ex., hâlô, haricotô, havét, oii il 



*) Sur la diiTérence entre le gn italien et celui du français, 
voir Slorm p. 29. 

**) Sur le r uvulaire, voir Sievers, p. 88. 



14 

est tout autant aspiré que dans un mot allemand ou 
Scandinave. 

Ch représente un son composé de t et de ch. 

Gomme en français, Vaccent tonique «est toujours 
sur la dernière syllabe sonore, mais il faut observer 
que, si la voyelle de la pénultième est longue, par 
exemple dans cmo^ œsé^ on entend une élévation di- 
stincte de la voix sur cette syllabe longue. 



Qu'il me soit permis, en terminant cette introduc- 
tion, 'de remercier ici publiquement mes amis et mes 
correspondants du Val de Saire dont le concours, m'a 
été si utile pour éclaircir mes doutes ou pour me ren- 
seigner sur des formes incertaines; c'est un d'eux en 
particulier, Monsieur Le Masson, sacristain de St. Pierre 
Eglise, que je dois me rappeler avec la plus grande re- 
connaissance. 



Liste 

des }jrltid])ales ablrêviatiouH, 



abs. 


veut dire absolu. 


poss. 


veut dire 


possessif. 


adj. 


M 


»» 


adjectif. 


p. p. 


o 


if 


participe passé. 


adj. num 


?» 


♦î 


adjectif 
numéral. 


pr. 


»» 


1» 


pronom. 


adv. 


If 


\% 


adverbe. 


relat. 


î» 


»9 


relatif. 


conj. 


?» 


»» 


conjonction. 


s. f. 


»• 


»» 


substantif fémi- 
nin. 


fr. 


»» 


»» 


français. 


sing. 


il 


•>* 


singulier. 


ind. 


M 


î» 


indéfini. 


s. ni. 


»' 


1» 


substantif ma- 
sculin. 


int. 


î» 


»f 


interrogatif. 


8uéd. 


• f 


^« 


suédois. 


interj. 


M 


î» 


interjection. 


V. a. 


ï» 


f> 


verbe actif. 


loc. adv. 


JJ 


>» 


locution ad- 
verbiale 


V. n. 


Jî 


»» 


verbe neutre. 


pers. 


?» 


)' 


personnel. 


V. r. 


>» 


>f 


verbe réfléchi. 


pi. 


»♦ 


n 


pluiiel. 











Abês, s. f., assiette en terre cuite. 

Abët, s. f., amorce. 

Abêti, V. a., amorcer. 

Abo, s. m., entraves qu'on met aux pieds d'un cheval pour 
l'empêcher de passer d'un champ dans un autre. 

Abouiê, V. n., aboyer. 

Âboiild, V. a., renvoyer en roulant. 

AbrCy s. m., arbre. 

Abriêy V. a., abriter. 

AbrOj s. m., jeune arbre. 

Acariy prép., avec, surtout dans l'expression: -4can^^; avec toi. 

Acanchiej v. n., avoir bonne chance. 

Acatôy v. a., acheter. 

Achânôy adj., accroupi. 

Achiey s. m., acier. 

Achocre, s. m., homme maladroit. 

Acoutdy V. a., appuyer, accoter. 

Acouvê (S'); V. r., se baisser. 

Actiy adj., actif. 

Actiounôy V. a., tourmenter, presser. 

Adeyiy adv., sur la face, à plat ventre. 

Adentôf v. a. et n., mettre sens dessus dessous, tomber en- 
avant. 

Adlaïsiy adj., inoccupé, fainéant. 

Adré, adj., adroit. 

Afouéy V. n., grogner. 

Afourquiey v. a., enfourcher, enjamber. 



16 

Âfroquie (S'), v. n., fréquenter, se charger de. 

Agây interj., tiens, voyez un peu. 

Agachiej v. a., *) taquiner, agacer; ^) crier (se dit du cri des 

oiseaux). 
Ag^vôy V. a., achever. 
Agnie^ adv., aujourd'hui. 
Agobite s. m. pi., petits meubles sans valeur. 
Agringnoch, s. f. pi., agacerie*, efforts pour être agréable. 
Ahoni, V. a., déshonorer. 
Ahoqiiie, v. a., accrocher. 
Aleure, s. f., amble. 
AlipaUj 8. m., soufflet, coup. 
Alongie, v. a., allonger. 
Alosôy v. a., louer. 

Amariy adv., d'un usage commode, à portée de la main. 
Amciw*éy V. a,, arranger, mettre en ordre. 
AmatiUy adv., ce matin. 
Amignonôy v. a., apprivoiser. 
AmiUj s. m., ami. 

AmouIanU s. f., vache prête à vêler. 
Anâ, s. f., année; Uanâ qui vie, l'année prochaine. 
Anchin, adv., ainsi. 
An^miUy s. m., ennemi. 
Angue, s. f., hameçon. 
Anguie, s. f., anguille. 
Anirna^ s. m., animal. 
Anortôj adj., enthousiasmé, épris. 
AnotilerCy s. f., vache qui n'a pas vêlé dans l'année et n'est 

pas pleine. 
Aôliêre, s. f., pièce de cuir attaché au montant de la bride 

pour empêcher le cheval de voir de côté, oeillère. 
Aôtnaif s. m. pi., bestiaux. 
Admé, s. m., jeune boeuf. 
Aôquie, v. a., étouffer, suffoquer. 
Aôte, adj., autre. 



17 

Aôtrefëy adv., autrefois. 

Apërch'vOy v. â., apercevoir; p. p. apërcheu. 

Apêtisiey v. a., donner de rappétit. 

Apié, V. a., appuyer. 

Apléy 8. m., pi., lignes dormantes à un ou plusieurs hame 

cous fixées à une coi*de. 
Apontô, V. a., rendre pointu, effiler. 
Apr'chie, v. a., approcher. 
AquiCy V. a., amorcer. 
Arajie, v. n., enrager. 
Argangne, adj., grognon. 
Argouëme, adj., rassasié. 
Aroquie, v. a., accrocher. 
Asen, s. m., bon sens, sens commun. 
Aseûré, v. a., assurer. 
Asie, V. a., asseoir. 
Asotô, V. a., duper, ennuyer. 
Asoumô, V. a. assommer. 
Astiquie, v. a., taquiner. 
Asublie (S'), v. r., s'affubler. 
Ataquie, v. a., attaquer. 
Atédiê, V. a., attrister. 

Avalôy V. n., *) descendre, s'allonger; ^) v. a., avaler. 
Avanchie^ v. n., avancer. 
Avmâ, s. f., paille d'avoine. 
Avëney s. f., avoine. 
Avëry s. m., porc, bétail. 
Avërlan, s. m., lourdaud, rustre, brutal. 
Avërnon, s. m., sobriquet. 
Aveu y prép., avec. 
Avinre, v. a., atteindre. 

Avo, *) V. a., avoir; p. p. eu; ^) s. m., avoir, fortune. 
Avolôy s. m., étranger. 



18 



Bach, s. f., grosso toile pour couvrir uiie voiture de transport. 

Bachiriy s. m., bassin. 

Bagou, s. m., bavardage, faconde. 

Boffoular, s. m., bavard. 

Baguie, v. n., n'être pas tendu, foire des plis, être entr'ou- 

vert, aller mal. 
Balanchie, v. a., *) frapper; *) balancer. 
Balte, V. a., balayer. 
Baliét, s. f., petit balai, balayette. 
Balieure, s. f., balayuro. 
Baite, V. a., donner. 

Bâiou, s. m., homme maladroit, bâilleur. 
Banà, s. f., charrette garnie de bane (voyez ce mot). 
Banboehie, v. n., faire des bamboches, banbocher. 
Banc, s. f., partie surélevée d'un fossé, remblai, tas de compost. 
Bancêl, s. f., petit banc sans dossier. £n français le mot est 

"vieux" (Littré,-dict.), mais en patois très usité. 
Bane, s. f., planche qu'on a adaptée du câté d'une charrette 
pour empêcher la charge de tomber. Du Méril *) dit que 
^banne^ signifie "grande charrette garnie de planches", 
et Jorot: **) "voiture formée de planches continues sur les 
quatre côtés", mais dans le Val de Saire on dit, pour sig- 
nifier une voiture de cette espèce, banâ (voyez ce mot). 
Ban' là, s. f., charge d'une banâ. 
Bangnie, v. a., baigner. 
Bani, v. a., vendre ou affermer à l'encan. 
Banie, s. f., vente ou affermage à l'encan. 
Banon (d'), adv., en liberté (expression qu'on emploie des 

bestiaux qui ne sont ni piqués ni gardés). 
Banquie, p. p., celui dont on a publié les bans. 
Barbacro, s. m., grandes moustaches. 
Barét, s. f., petit tonneau dans lequel on fait le beurre, baratte. 

*) Dictionnaire du patois normand. Caen, 1849. 
**) Essai sur le patois normand du Bessin Paris, 1881. 



19 

Barffouieii, s. m., bavard confus, itiintelligible, barbouilleur. 

Bargouiie, v. n., parler d'une manière confuse, barbouiller. 

Bâté, s. m , bateau. 

Bâtiëre, s. f., bât. 

Batrte, s. f., ■) partie de la grange où l'on bat le blé; ') mor- 
ceau de toile sur lequel on bat le colza, le sarrasin, etc. 

Bavétj s. f., femme bavarde. 

Bavo, adv. Ce mot n'est usité que dans la locution filô 
bavo: filer grossièrement. 

Bavolêt, s. f., *) coiffure en dentelle à ailes pendantes, bavo- 
let; ^) femme qui porte cotte coiffure. Aussi trouve- t-oa 
dans le dictionnarire de Littré sous l'art, banolet: on 
disait dans le XVII:e siècle, voilà une jolie ba volette, un 
joli bavolet, pour dire, voilà une jolie fille. 

Bavoquie, v. n., filer mal, filer bavo, 

Bavrety s. f., *) morceau d'étoffe carré que les femmes s'atta- 
chaient autrefois sur la poitrine; ^) bavette. 

Bé^ s. m., bec. 

Bé (Biad, Bel), adj., beau. f. bel, 

Bécach, s. f., bécasse (Scolopax rusticola,) 

Bêcachëne, s. f., bécassine (Scolopax gigantea), 

Bêcotô, v. a., donner de petits coups de bec, becquetter; 
H^bécotôj V. r., s'embrasser. 

B^dOy s. m., dernier né d'une couvée. 

Bêyuiey v. n., bégayer. 

Bel, s. f. (?), berle (Sium angustifolium et ochreaium), 

Bélué (San ten), v. a., perdre (son temps). 

Bénoni, s. m., enfant préféré par ses parents, Benjamin. 

Bêr, s. m., berceau. 

Bërcy s. f., mauvaise brebis. 

Bërcal, s. f., brebis. 

Bërcaieu, s. m., marchand de moutons. 

BêrCy *) V. a. et n., boire; p. p. beii; ^) cidre, boisson n<^r- 
mande par excellence. 



20 

Bëntouzôy adj., enveloppe dans une mauvaise affaire, pris dans 

un piège. 
Béro, s m., tube qui sert à trauvaser un liquide. 
Beu, s. m., boeuf. 
Betichothy s. f., boisson. 
Beuchoniey s. m., qui aime à boire, ivrogne. 
Beiichonôy v. n., s'adonner à l'ivrognerie. 
Beuveu, s. m., buveur. 
Bimprô, s. m., beaupré. 
Bimtôy s. f., beauté. 

Bibê, s. m., petit diptère culicido, moucheron.^ 
Bibéty s. f., petit bouton sur la peau. 
BiblOy 8. m , bien. 
Bichy s. f., chèvre. 
BidoCy s. f. pi., retaille. 
BiBj *) adv., bien; ^) s. m., bien. 
Biëtôy adv., bientôt. 
Bijudy s. f., petite cabane. 

BingOy s. m., grand coffre de bois pour enfermer de la farine. 
Bisay s. m., bissac, 

Bisaquiey s. f., ce que contient un bissac. 
Bisquiey v. n., être vexé sans le faire paraître. 
BitÔy v. u., se toucher en parlant des billes, des palets, etc. 
Blé, s. m., blé. 
Btariy adj., blanc, f. blanc. 
Bicùddy 8. f., blouse. 
Btéc, adj., blet (te). 
BiécheurCy s. f, blessure. 
Bléchley V. a., blesser. 
Blëty s. f., motte de terre. 
Bioqtiéy s. m., bloc de bois (p. ex. pour morceler de la 

viande), billot. 
BïmiCy s. f., boucle. 
Bôby adj., engourdi (par le froid), 
Bobkliy s. f., vieille femme avare. 



21 

Boch, s. f., bosse. 

Bôchon, s. m., bouchon. 

Bochuy adj., bossu. 

Bondechu (à), loc. adv., à cul levé. 

Bond, V. a., bander les yeux, envelopper la lête. 

Bontô, s. f., bonté'. 

Bosqtùe, v. a., pousser, serrer de près; s'bosquie, v. r., boxer. 

Botme, s. f., bottine. 

Botlôy v. a., mettre le foin ou la paille en bottes. 

Bouâf s. f., bouée. 

Boucan, s. m., querelle, noise. 

Bouchie, *) v. a., boucher; ^) s. m., boucher. 

Boue, s. m., bois. 

Botiéii, *) V. n. bouillir, fermenter en parlant du cidre; ^) s. 

m., bouilli. 
Boiiéion, s. m., *) bouillon, ^) boue. 
Boiiétonôf v. n., bouillonner. 
Bouésé, s. m., boisseau. 
Bouéson, s. m., bouchon de paille. 
Bouésonô, v. a., mettre on désordre, chiffonner. 
Bouêz, ou Botiëzét, s. f., petite bûche, petit morceau de bois. 
Boufar, s. m., grand mangeur. (Peu usité). • 
Bouféy V. n., manger avidement. 
Boufre, s. m. et interj., bigre, bougre. 
Bouffonô, V. n., gronder entre ses dents. 
Bouné, s. m., bonnet. 
Bouolanfrie, s. f., boulangerie. 

Bouolanjïe, *) v. a. et n., boulange, ^) s. m , boulanger. 
Bouôly s. f., boule. 

Bomlôy *) V. a., faire rouler, ^) v. n., rouler. 
Bouon, adj., bon. 
Botwr, s. m., bourg. 

Bouord, s. f, tourte aux pommes ou aux poires. 
Bouordloy s. m., poire ou pomme entourée de pâte et cuite au four. 
Bouore, s. f., *) bourre; *) femelle du canard. 



22 

Bouoréty s. f., espèce de petit gâteau. 

Bouoro, s. m., caneton. 

Bouorotôf V. n., marcher lentement et lourdement comme une 

boitore. 
Bouorslco, s. m., petite bourse. 
Bouôz, s. f., bouse. 
Bouôzà, 8. f., krçe bouse. 

Bouôzé, s. m., matière locale qui a quelque consistance. 
Bouôzin, *) s. m., bruit, tapage, *) s. f., femme de mauvaise vit?. 
Bouôzingo, s. m., cabaret, mauvais lieu, lion- où des gens de 

moeurs suspectes se réunissent pour danser. 
Boutiio7i, s. m., panier haut et étroit. 
Boutiquie, v. a., mal arranger, faire un travail sans soin. 
Brac, adj., vif, emporté. 
Brac-dâre, s. f., petit gilet. 
Brag ou Bre^ s. f. pi., pantalon. 
Braguéty s. f., partie ouverte du pantalon. 
BrâlaVy s. m., braillard. 
Brâlô, V. n., brailler. 
Brancy s. f., branche. 
Brufte, s. f. pL, mamelles. 
Brédangule, v. u., bégayer. 
Brélét, s. f., rosse. 
Breume, s. f., brume. 

Bréziiie, v. a., réduire en petits morceaux, bréeiller. 
Brij s. m., bruit. 
BrlcoliUy s. m. pi., jeunes pousses que les cboux coupés en 

automAe donnent au printemps. 
Briéy V. a., broyer. 
Bricre, s. f., bruyère. 
Brinbalô, v. a., traîner çà et là. 
Brocheurey s. f., brochure. 
Brôe^ s. f., écume. 
BrumaHy s. m.^ nouveau marié. 
BruUy s. f., nouvelle mai?iée. 



23 

Bruta, îidj., brutal. 

Bûchie, V. a., frapper à grands coups.* 

BuhOf s. m., corne dans laquelle les faucheurs mettent leur 

pierre à aiguiser. 
Bulté, s. m., quantité de son que donne un sac de grain. 
Bûrâ, s. f., beurrée, tartine au beurre. 
Bûre, s. m., beurre. 

Bûré, s. m., *) porcherie; 2) mue des oiseaux. 
Burguie, «) v. a., pousser, maltraiter; ^) s. f., poussée. 
Bufô, V. a. et n., heurter, arrêter. 
Bûzoquie, v, n., passer son temps à des riens. 



C. 

Cuy s. m., chat.' 

Cây adj., cassé. / sone Vcâ, 

Caban, s, m. pi., vieux meubles. 

Cabo, s. m., *) demi-boisseau; ^) petite meule de foin. 

Cabochôy adj., entêté. 

Cabrouar, s. m., tombereau. 

Cach, s. f., *) chasse; ^) petit chemin. 

Cachar, s. m., paresseux. 

Cacheu, s. m., chasseur. 

Cachiey v. a., *) cacher; ^) chasser. 

Cagnoly s. f., coup violent. 

CahnandÔ, v. a., mendier, quêter. 

Calhnachon ou Colimackony s. m., colimaçon, limaçon. 

Calô, *) V. u., céder, reculer; *) adj., riche, solide. 

Calot, s. f., soufflet. 

CaluchOy s. m., mauvais bonnet de nuit. 

Caliimê, s. m., chalumeau. 

Caltm, s. m., éclair de chaleur. 

Calvêy s. m., sommet de la tête. 

Camionâ, s. f., charretée, ce que peut contenir un camion. 

Can, s. m., côté. 

Canâf s. f, plein une cane (voir ci-dessous). 



26 

Chê (Chez); pn, ces. 

Chëna, pr., cela. 

Chendre, s. f., cendre. 

Cher, s. m., cerf-volant. 

Chërfeu, s. m., cerfeuil. 

Ch'Hz, 8. f., cerise. 

Chërje,,B. f., couverture de lit, serge. 

Chëtyie, v. a., charger. 

Chërô, adj., entravé. 

Chërvél, «. f., cervelle. 

Chéti, adj., chétif. 

Cheu, prép., chez. 

Ch'va, s. m., cheval. 

Chibo, s. f., pipe courte, brûie-gueule. 

Chibo ou Chivo, s. m., ciboule. 

Ci^i^; s. f., chiffon, chiquet 

Chic ne s'emploie que dans la location : par chic é par nie: 

peu à peu, morceau à morceau, à regret. 
Chidatie, v. a., déchiqueter, couper en petits morceaux. 
Chie, s. m., chien. 

Chifon, s. m., gros morceau de pain. 
Chignol, s. f., manivelle. 
Chilbouor, s. m., Cherbourg. 
Chim'nâ, s. f., cheminée. 
Chimné, s. m., espèce de gâteau; aussi, à cause de sa forme, 

appelé cornu. 
Chin, adv., ci. 
Chin, adj. num., cinq. 
Chincant, adj. num., cinquante. 
Chincantëne^. f., cinquantaine. 
Chintiire, s. f., ceinture. 
Chinz, adj. num., quinze. 
Chiô, s. m., baratte. 
Chipoté, s. m., sac à tabac, blague. 
Chiquie, s. m., chiffonnier. 



27 

Chire, s. f., *) cire; ^) poix. » 

Chit, adj., quitte. 

Chiviêre, s. f., civière. 

Chopëne, s. f., chopine^ mesure de la contenance d'un like. 

Choqué, 8. m., grand pot à boire.. 

Choquie, v. n , trinquer, choquer les verres. 

Chorchie, s. m., sarcier; fém* chorc/iiere. 

Chou, Ch9U, Chou, interj. qu'on emploie pour appeler ou 

faire marcher les cochons. 
Chouëne, s. m., petit pain blanc et mollet. 
Chouëné, s. m., diminutif du mot précédant. 
Choum^ic, s, m., cordonnier. 
Chu, pr., ce. 
Chu, s. m., cul. 
Chue, s. f., souche. 

Chuché, s. m., chèvre-feuille. ^ 

Chuchie, v. a., sucer. 
Chticre, s. m., sucre. 
Chue, s. f., ciguë. 
Chue, Chue, Chue, interj., qu'on emploie pour appeler les 

vaches. 
Chue, s. Ly cuve. 
Chue, s. f., cuvée. 
Chûë, s. m., cuir. 

Chûës, s. f., cuisse. ^ 

Chuëzëne, s. t, cuisine. 

Chuire, v. a,, caire. » 

Chuleuvre, s. f., couleuvre. 
Chunbié, s. m., culebute, cabriole. 
Chunbiotô, V. n., taire des cabrioles, 
Chuqué, s. m., petite souche. 
Chûre, s. f., presbytère. 
Churé, s. m., curé. 
Chure-pie, s. m., cure-pied. 
Churguét, s. f., souricière. 



28 

Cilotô, V. n., ciller, fermer les yeiii de pear. 

Cingnar^ s. m., cygne. 

Cisiaô, s. m. pi.,, ciseaux. 

Ciuqué, s. m., digitale pourprée. 

Ctére-vé, s. f, claire-voie. 

Ciich, 8. f., dysenterie. 

Ciichar, s. m., *)qui a la dysenterie; ') sobriquet quVn donne 
aux habitants des villes. * 

Clichie, v. n., avoir la dysenterie. 

Cloc, s. f., cloche. 

Ciochie, V. n., clocher. 

Ciôpouin, s. m., espèce de crabe (Cancer pagurus), 

Côj s. m., cou. 

Coly s. f., mensonge. 

Colifamétf s. f., homme efféminé. 

Condire, v. a., conduire. 

Contrûe, s. m., partie inférieure d'une porte coupée en deux. 

Copô, V. a., couper. 

Cdqu'vily s. f., (nom de lieu) Cosqueville. 

Corjij s. m., lanière de cuir au bout d'un bâton. 

Cornu, s. f. = chimné. 

Côséy s. m., plume dont les barbes ne sont pas encore déve- 
loppées, plume d'oie. 

Cotin, s. m., petite maison, niche. 

Coturiere, s. f., couturière. 

Coimne, adj., bête, poltron. 

Couarture, s. f., *) couverture de lit; ') couvercle. 

Couchie, v. a. et n., coucher. 

Coue, s. f., queue. 

Coué, V. a. et n., couver. 

Couëpé, s. m., copeau. 

Couëteume, s. f., *) coutume; ') impôt. 

Coûëtre, v. a., coudre. 

Coulëne, s. f., torche de paille. 

Coicme, adv. et conj., comme. 



29 

Coumët, s. f., grand bonnet de femme, la vraie et ancienne 

coiffure des paysannes normandes. 
Counêtre, v. a., connaître. 
Coûor, *) s. f., cour; adj., court, f., couorL 
Coûori, V. n., courir; p. p., coûor L 
Coupé, s. m., sommet, cime d'un arbre. 
Coure, s. f., fressure. 
Courtëne. Ce mot n'est employé que dans la locution: fere 

courtëne: relever son jupon pour se chauffer. 
Coûté, s. m., couteau. 
Couvri, V. a., couvrir, p. p., conwri. 
Crac, s. f., fruit de l'épine noire. 
Crachie, v. n., cracher. 
Crachinàje, s. m., pluie fine. 
Crachinô, v. n., *) cracher peu et souvent; ') tomber en plnie 

fine. 
Cradlô, v. a. et n., crouler. 
Crëgne, s. m., *) crin; ^) cheveux. 
Crépie^ s. f., charpie. 
Crêre, v. a., croire; p. p., creti. 
Créteure, s. f., femme de mauvaise vie, créature. 
Crëtre, v. n., croître; p. p., creu. 
Crignm, s. f., chevelure longue et mêlée. 
Criquet, s. f., dent. 
Crôtlét, s. f., croûtelette. 
Croué^ s. f., croix. 
Croupét, s. f., révérence. 
Cueuvô, V. n., fermer la porte. 
Cutie, s. f., cuiller. 
Custô, s. m., sacristain. 



r>. 

Dal, s. f., canal pour l'écoulement des eaux. 
Dalâ, s. f., urine d'un animal. 



30 

Damàje, s. m., dommage. 

Danchie, v. a. et n., danser. 

DanjiCy s. m., dauger. 

Daôbô (S'), V. r., se mouiller les pieds. 

Dâre, s. f., gros ventre, bedaine. 

Dàru, adj., ventru. 

Dat^ 8. m., urine. 

Daveu = aveu. 

De, s. m., dé (à coudre). 

Dé, s. m., doigt. 

Débaltafriquie, v. a., attraper, déranger. 

Débé, s. m., dégel. 

Déhëne, s. f., ruine; ête en débene: être mal dans ses 

affaires. 
'Débétôy v. impers., dégeler. 

Débindf v. a., calomnier, user, ruiner au physique et au moral. 
Débôchie, ?. a., déboucher. 
Débroîiiie, v. a., débrouiller. 
Décabotô, v. n., faner du foin. 
Décachie, v. a., accabler. 

Décaôchie, v. a., déchausser. * 

Déchafre, adj., gourmand. 

Déchibolô, V. a., transporter d^un endroit dans un autre. 
Décida, *) V. n., babiller; ^) v. a., décider. 
Décors, s. f., diarrhée (se dit des animaux de préférence). 
Décraôlô, v. n., crouler, dégringoler. 
Dédangnie, v. a., dédaigner. 
Dédomajie, v. a., dédommager. 
Défini, v. a. et n., terminer, finir. 
Déganô, v. a., contrefaire. 
Dégobitie, v. a. et n., vomir. 
Dégou, s. m., action de dégoitler. 
Dégrabolisie, v. a., dégrader (une muraille, etc.). 
Déhé, s. m., tristesse, affliction. 
Déinô, *) v. n., dîner; ^)8. m., dîner. 



31 

Déimanch^ s. m., dimanche. 

Délàbrô, v. a., abîmer. 

Déluré^ adj., vif. 

D'man, adv., demain. 

Démanchie, v. a., casser, briser, déchirer, démancher. 

Détnaréy *) v. n., s'en aUer, partir, en parlant d'une voiture 

embourbée; *) v. a., faire avancer. 
Démeleû, s. m., démêloir. 
Dèm'no, s. m., soins du ménage. 
Démentô (S'); v. r., s'inquiéter, se fourrer dans les affàii'es 

d'autrui. 
D'mouézél, s. f., mesure d'eau-de-vie de la contenance d'un 

demi-décilitre. 
Dépofô, v. a., transvaser. 

Déquërémô, v. a., faire oublier le carême par un bon repas. 
Dérojte, v. n., dégénérer, déroger. 
Déronpre, v. n., discontinuer, s'arrêter. 
Désaôld, V. n., désenivrer. 
Désasubite, v. a., déshabiller. 
Déséquie^ v. a., dessécher. 
Deu, s. m., deuil. 
Dévalô, V. n., descendre. 
D'vanté, s. m., tablier. 
D'vantlâ, s. f., plein un tablier. 
Dévartibie, s. m., Qui use et déchire tout. 
D'vé, s. m , devoir. 

Dévëdeû, s. m., dévidoir. ^■ 

D'vinale/a. f., énigme, charade. 
lyvo, V. a., devoir; p. p., deu. ^ 

Dig, 8 f., vieille femme acariâtre. 
Digue, s. m., aiguillon. 
Diguie, v. a., piquer. 
Dingne, adj., digne. 
Djie (Dis), adj. num., dix. 



32 

Doleure, s. f., copeau enlevé avec la doloire ou avec la var- 
lope. 

Dône, s. f., femme ridicule, sorcière. 

Dommi, V. n., dormir; p. p., âormin, 

Dotidou, s. m., bonbon. 

Douéif s. m., lavoir, place dans un cours d^eau ou dans un 
réservoir d'eau où on lave le linge. 

Donlan, adj., douloureux, en parlant d'une plaie. 

Doundy V. a., donner. 

Drapé, s. m., lange d'enfant. 

Dré, adj., droit. Tau drê, adv., à l'instant. 

Dréchie, v. a., dresser. 

Dr'nie, adj., dernier. 

Drénoîi, s. m., noeud droit; ne s'emploie guère que dans l'ex- 
pression: à drénou, 

DroguiBy v. n., attendre longtemps. 

Druy adj., fort, vigoureux. 

Duirey v. a., maîtriser, corriger. 

DupâuUy s. m., tabac. 



E. 

Ébaôbiy v. n., avoir mal au coeur. 

Ébëlûzd, V. a., éblouir. 

Ébëzoui, adj., étourdi. 

Ébtaquie, v. a., écraser. 

Éblëtm, s. m., instrument dont on se sert pour 

Éblétô, V. a., écraser les petites mottes de terre {blëty 

Éboualie ou Êboudinô, v. a., faire sortir ou enlever les 

boyaux du ventre. 
Ébouqu'tôy v. a., émoussor, rompre le bout. 
Ébrê, s. m., cri subit. 
Ébrôtô, adj., ébréché. 
Écal, s. f., écaille. 



33 

Écalie, s. m., barrière fixe en forme d'échelle, par-dessus la- 
quelle on passe. 

Écaldy V. a., *) écailler; ^) écalcr. 

Écaôfeiirey s. f., *)échauffure; ^) pleurésie. 

Écaôfô, V. a., échauffer. 

Êcapd, V. a., échapper. 

Êcarquiiief v. a., écarquiller; ne s'emploie que dans l'expres- 
sion: écarquiiie lé gamh, 

Échél, s. f., échelle. 

Échërpiiie, v. a., couper en morceaux. 

Êcheume, s. f., écume. 

Êchineu, s. m., grand couteau à échiner. 

Échind, V. a., échiner. 

Échu, s. m., écu. 

Échuré, V. a., écurer. 

Éciich, s. f., éclisse. 

Éciipôy V. a., . éclabopsser. 

Êcopi, V. a. et p., cracher. 

Écorchie, v. a., écorchpr. 

Écoué, V. a., secouer. 

Êcouésin, s. m., botte faite des herbes et de la paille de rebut, 
après que le glui a été fait. 

Écoîd-si-pleUj s. m., petit moulin dont le courant a besoin 
, d'eau- 

Écraboutw, v. ^„ écraser. 

Écrél, s. f., *) petite crevette qui vit dans l'eau douce; ^) enfant 
décharné. 

Écrévich, s. f., écre visse. 

Éduquie, v. a., élever, éduquer. 

Éfabiy adj., pâle, défait, tremblant. 

'Èfauj s. m. et f., enfant. * 

Êfouchie, v. a., faire peur, mettre en fuite. 

Èfourkh V., u., devenir fort (se dit surtout d'un enfant qui 
commence à marcher). 

Égâ = agâ. 



34 

Êgachie = agachie. 

Égaluéj v. a., éblouir. 

Égliëz, s. f., église. 

Égohëne, s. f., petite scie à main. 

Êgohinô, v. a., égorger. 

Êgosilie (S'), v. r., crier fort. 

Êgrimô, v. a., égratigner. 

Êguchiej v. a., aiguiser. 

Êgueré, v. a., égarer. 

Êgute, s. f., aiguille. 

ÉPveure, 8. f., petite ampoule qui vient sur la peau. 

Éltngue, s. f., fronde. 

Êlinguie, v. a., lancer avec une fronde. 

Êloifigniej v. a., éloigner. 

Élugie, v. a., ennuyer, troubler. 

Émet, s. m., partie du pressoir, qui sert à recevoir le marc. 

Émôquie, v. a., *) ranimer le feu en remuant les charbons, 

écarter la mèche d'une chandelle pour rendre la lumière 

plus vive^ remuer; ^) chasser les mouches. 
Émoulét, s. f., petite meule à aiguiser avec son montage. 
Ênaôldy v. a., moudre grossièrement. 
Enbrachie, v, a., embrasser. 
Enbrëninquie, v. a., embarrasser. 
Enbricolô, v. a., lier des bestiaux avec des liens qui attachent 

ensemble les pieds et la tête, de sorte que cela les empêche 

de brouter; attacher bricole. 
Encabotôf v. a., mettre le foin en meules (cabo). 
Enchërjie, v. a., charger de. 
Enchifrounô, adj., enchifrené. 
Encieume, s. f., enclume. 
EnœUf adv., encore. 
Encroué, v. a., accrocher, suspendre. 
Endangnie, adj., enflammé, gravement atteint d'un mal. 
Endémonôy a^j., excité, entêté. 
Endré, s. m., endroit. 



35 

Enfon, adj\ profond. 

Enfomeure, s. f, fonds de sangle d'un lit. 

Engnié, v. a., ennuyer. 

Enhand, v. u., avoir de la peine, faire une chose avec effort, 

souffler, ahaner. 
Enhéidte, = enbricolô, 

m • 

Enô, adj., aîné. 

Ënôtôj V. a., ôter le brou. 

Enpâturé (S'), v. r., *) s'embarrasser dans des liens (se dit 
des chevaux, des vaches, etc., qui se sont pris le paturon 
dans la corde qui les attachait) ; ^) se jeter dans une mau- 
vaise affaire. 

Enpechie^ v. a., empêcher. 

Enpii, V. a., emplir. 

Enpiié, V. a., employer. 

Enpotô, *)v. a., mettre en bouteille; ^) p. p. employé comme 
adj., bête., lourd. 

Enrieûmô, adj., enrhumé. 

Enrou, s. m., enrouement. 

Ensaquie, v, a., secouer un sac de manière à faire descendre 
et à tasser ce qu'on y a mis. 

Enteuréy adj., taché, moisi. 

Entour, adv.. environ. 

Entr^talie (S'), v. r., se heurter une cheville ou pied contre 
l'autre (se dit des chevaux), s'entrecouper. 

Envié^ V. a., envoyer. 

Épatf s. f., étoupe. 

Êpaton, s. m., déchet (de coton, de lin), 

Epifrô, adj. rebroussé. 

Êpignoch, s. f., *) petit poisson commun dans les ruisseaux de 
France, épinoche (Gasterostetcs aculeatus); ^) fausset. 

Épingue, s. f., épingle. 

Êpiuc, s. m. pi., épluchures, ordures; ou dit aussi: 

Epluqtiét, s. f., épluchure. 

Epongie, v. a., éponger. 



36 

Equ^léty s. f. pi., barres transversales que Ton met snr le bât 
d'un cheval pour transporter des bottes de foin et des 
gerbes de ble'. 

Eqt(ërbotôy v. a., éparpiller les charbons. 

Eqii'érdôj V. n., enrager; ne s'emploie que dans l'expression; 
fere êqiiérdô. 

Equërpiy.y, a., éparpiller. 

Equeuré, adj., découragé. 

Équimoûere, s. f., écumoire. 

Erangnie, s. f., araignée, toile d'araignée. 

Erguil, s. f., argile. 

m 9 

Ernô, adj., éreinté, qu'on ne peut faire avancer. 
Esavô, v. a., faire une éci>rchure légère. 
Esbignie (S'), v. r., s'évader, s'esquiver. 
Esei(, s. m., essieu. 
Esiquie, adj., mince, chétif. 
Esoudrdre, v. a., éclaircir. 

Espécidôtô, s. f., chose remarquable. Par ëspéciaôtd: par ra- 
reté du fait. 
Ësqiiintô, v. a., épuiser, harasser. 
EstoumaCy s. m., estomac. 
Esuiy s. m., serviette, essuie-main. 
Etaôdi, V. a.,^ssommer. 
ëte, V. n., être; p. p. tÔ, 
Etély s. f., étoile. 
Efeurdre, v. a., tordre. 
Etlboquiey v. a., agacer, tourmenter, exciter. 
Ethwhély s. f., étincelle. 
EtrUj s. m., piste. 
Etran, s. m., paille. 
Eiràne, s. f. pi., étrennes. 
Etre, adj., étroit. 
Etric/tar, s. m. tricheur. 
Et ricane, v. a. et n., tricher. 
Etriliey v. a., ^) battre ; ^) étriller. 



37 



Etrivar, =z étrichar. 

Etrivô, V. n., endêTer; fêre étrivô: taqniner. 

Etrûe, s. m., étrier. 

Etruie, s. f., étrille. 

En, pr., eux, elles. 

Eune, adj. nom., ane. 

Êvalinguie^ v. a., jeter, lancer. 

Evinpiion, s. m. goupillon. 

Evrasquie, v. a., arracher en déchirant. 



F. 

Fal, 8. f., gorge, jabot d'un oiseau. 

Fait, V. impers., falloir. 

Falu, s. f. galette, espèce de gâteau plat cuit au four. 

Famëne, s. f, famine. 

Fan, s. f., faim. 

FanfiUf s. f., berlue. 

Fan-valj s. f., appétit continuel. 

Faôquê, s. m., croc-en -jambe. '^ 

Faôquie, v. a., faucher. 

Fati(/ule, v. a., fatiguer. 

Favâ, s. m., chaume desséché de la fève. 

Fé, *)s. t., foi. Ma fé, m'n âme: ma foi, ooî; ^)s. m., fer. 

Fe, *) s. f., fois; ^)s. m. faite, haut. 

Fe, 8. f., foie. 

Fëchon, s. f., faç«>n. 

Fnô, V. a., faner. 

Fëre, *)8. f., foire; ^) v. a., faire; p. \>. fé* 

FëtlOf s. m., lait caillé. 

Fêtre, s. m., panaris. 

Feu, s. m., fief. 

Feûfôj V. a., fieflfer. 

Feuv, s. f , fève. ' ^ 

FicJiie, V. a., ficher. Fichie Vcan: s'en aller' au plos vite.' 



38 

Fiëbie, adj., faible. 

Filber, s. m., Philibert. Noué d'Jilbèr; aveline. 

Fiôté, 8. m., foi, confiance. 

Fiquie, v. a., ficlier, attacher une vache, etc., par une eorde 
à un pieu au milieu d'un champ. 

Fine, s. m., (mot mignon) petit fils, petit gargou. 

Fizé, s. m., fuseau. 

Fizid, s. m., barre d'un treillage. 

Fiajolé, s. m., haricot. 

Fiâmé, s. m., étincelle, flammèche. 

Ftanbâ, s. f., feu clair. 

Fianquéy s. m., morceau du fiaôc d'un mouton. 

Fie, s. m., fléau. 

Fieu, s. f., farine. 

FliCj s. f„ petit coquillage miivalve (Patella vulgata). 

Fiip, s. m., boisson composée d'un mélange de cidre, de sucre 
et d'eau-de-vie. 

FiOy s. m., troupeau. 

Fiouét, s. f., girouette. 

Flûf s. f., fleur. 

Fô, adj., fou. 

Fon, s. m., foin. 

Fo'jmné, s. m., bât. 

Fonsà, s. f., portée d'un aniipal qui met bfis. 

Fonfane, s. f., fontaine. 

Forbeu, adj., harassé de fatigue, fourbu. 

F'orbeuchon, s. f,, maladie d'inflammation ("provenant de fa- 
tigue et empirée par des boissons fortes"). 

Forch'f s. f., force. 

Fonnàje, s. m., fromage. 

Formen, s. m., froment. 

Fôsôy s. m., fossé. 

Fouà, s. i,, feu clair, incendie. 

Fouaiie, v. n., faire claquer son fouet, fouailler. 

Fouoare, a. f., p«t. 



39 

Fourcy s. f., fourche. Fovrc à guërb: fourche en fer à deux 

dents. Fourc à mal: foui-che en fer à trois dents, qui 

sert à remuer ou à charger le fumier. 
Fouré (S'), Y. r., bletter, en parlant des fruits; père foure: 

poire blette. 
Fourquéy s. m., entre-deux des jambes. 
Frariy adj., bon, vigoureux, franc. Frun (Tœlie: qui tire 

bien, en parlant d'un cheval. 
Fréj s. m. et adj., froid. 
Frêcachie, v. a., ») fricBsser, frire; ^) brûler. Tu va U fré- 

cQchie. ' 

Fret y s. f., maillot, lange. 
Frétô, v. a., emmaillotter. 
Frmlie, s. m., vagabond, rôdeur. 
FricOy s. m., festin, bonne chère. 
Friolê, s. m., petit haricot en grain. 
Frumen, s. m., lacet pour serrer les souliers. 
Frumd, v. a., fermer. 
Fûél, s. f., feuille. 
Fuma, s. f., fumée. 
Fûtô^ adj., rusé. 



Gâ, 9. m., gars, garçon. 

Gabijoui, s. f., ruse, tromperie. 

Gach, s. f., galette. (Le mot ^st rarement employé dans le 

Val de Saire). 
Gafà, s. f., morsure. 

Gafô, v. a., mordre, saisir avec les dents. 
Gàje^ s. m., corbeille de mariage. 
Gâjie, v. a., parier, gager. 
Galanterie, s. f., usité dans la locution: ete en galantëne: 

garder la chambre, être malade. 



40 

Galou, aâj\, galeux. 

Galtô, V. n., se cboqaer, en parlant des fenêtres, des portes 
agitées par le veut; claquer, en parlant des dents, et, par 
extension, trembler. 

Galvaôdô, v. a., mettre en désordre, gâter, manger malpro- 
prement. 

Gamachj s. f. pi., guêtres (se dit surtout des grandes guêtres 
en toile que mettent les pêcbcurs sur leurs culottes. 

Gamby s. f., jambe. 

Gambie^ s. m.; qui a de mauvaises jambe&i 

Game, s. f.^ plein les deux mains réunies. 

Gant, s. f., jante. 

Gantie, s. m., morceau de bois ou de pierre qui sert à main- 
tenir le bloc, la pièce de bois que travaille un maçon, un 
charpentier; chantier. 

Gaônts, s. f., jaunisse. 

Gardin, s. m., jardin. 

Gaspiiie^ v. a., prodiguer, jeter son argent, gaspiller. 

Gat, s, f., jeu de marelle. 

Gâté, s. m., gâteau. 

Gavél, s. f., javelle. 

Giéru, *) s. m. (?), lierre; ^) adj., dénué. 

Glûe, s. m., glui. 

Grfiè, s. m., oeuf ou objet en forme d'un oeuf qu'on laisse dans 
un nid pour empêcher les poules d aller pondre ailleurs. 

Gneu, s. f., nuit. 

Gno, adj. indolent, paresseux; fém. gnoL 

Gnolô, V. n., faire le paresseux. 

Godonô, V. n., jurer, murmurer. 

Gofin, s. m., cornet. 

GotiVliti, s. m., revenant, esprit foUet, gobeliu. 

GouVlinô, v. n., hanter, faire le revenant. 

Goûëtran, s. m,, goudron. 

Gouf, s. m., gouffre. 

Goûl, s. f., bouche, gueule. 



41 



Gradile, s. f. pi., petites groseilles. 

Graditie, s. m., grosMllier (Bibes rvhrum). 

Gran, s. m., grain. 

Grane, s. f., graine. 

Grâséy s. m., lampe à crochet. 

Gratô, V. a,, *) gagner, tirer profit, prendre; ^) gratter. 

Grava, adj., marqué. Grava d'p'tit véroL 

Gribichy s. f.^ femme acariâtre et méchante. 

Grilie, v. n.^ glisser. 

Grimach, s. f., grimace. 

Grimachie, v. n., grimacer. 

Grimachuj s. m., grimacier. 

GrifigoU, s. m., homme sans consistance. 

GroUy s. m., eau fétide et fangeuse. 

Guëdô, adj., rempli, couvert, gonflé; gnédé. 

Gu'nol, s. f. pi., jambes crochues. 

Gtiërb, s. f., gerbe. 

Guërbeu, s. m., celui qui fait des gerbes; fém., yuërbërës, 

Giiêré, s. m., jarret. 

Guëmie, s. m., grenier. 

Gu'èrtiere, s. f., jarretière. 

GuMie, V. a., regarder. 

Gueûlar, s. m., bavard. 

Gueûlié, V. n., gueuler. 

Gueulton, s. m., festin, banquet. 

Gtîibolj s. f., longue jambe. 

Guichon, s. m., tasse en bois de la contoDance d^un tiers de 

litre. 
Guignoch, adj., louche. 
Giiingrej s. f., croûte frisée. 



Hag, s. f., fruit de Taubépine. 
Haguie, v. a., détruire, briser. 



42 

Haïf s. m., partie ' inférieure d^ttiie porte cpupée eft deux; 

dans certaines localités, petite porte devantla granAe porte 

de la maison. 
Haine, s. f., haine. 
ïlaïtie, s. m., omelette. 
Halaïste, v. n., respirer difficilement. 
Halane, s. f., haleine. 
HalHre, s. m., gerçures aux lëvres^ occasionnées par le hâle 

. ou le froid. 
Hâlôf V. a. et n., tirer à soi (du vin, etc.). 
Hanbie, adj., trop chargé. 
Hanbouènô, v. n., traîner la jamhe. 
Hanc, s. f., hanche. 
Hane, s. f. pi., vêtements. d*komme ou de femme qui sont 

supportés par les hanches, culottes. . < 
Hanmé, s. m., hameau. 
Hanochj s. f., gros morceau de hois. 
Haôrloje, Si m. y : horloge. 

Hard'lôy adj., se dit d'un oeuf qui n'a pas de coquille. • 
Haricotie, s. m., qui marchande, taquin. 
Haricotôy v. n., marchander. 
Harin, s. m., mauvais petit cheval. 
Harivélie, s. m., mauvais marchand de bestiaux. 
HasiSj adj., maigre, chétif. 
Hâtléj s. m., rôti do porc. 
Havéty s. f., espèce d'ondino donè «n fait peur aux enfants 

•pour les empêcher d'approcher d0 l'eau. 
Hébré, ^ ébré, 
Hérac, s. f. pi., étoupo. 
Hërmonôj v. n., remuer sans cesse, 
liiff adv., hier. 
Jlôma, s. m., épilepsie. 
Jlonme, s. m., *) mari; '^) homme. 
Horzin, s. m., étranger. 
Hostie, s. m., homme pauvre, mendiant. 



43 



Houdriy adj., taché, moisi. 

Houinô, V. n., crier, se plaindre, pleurer. 

Hov, s. f., liouo. 

Hovdj V. a., piocher, travailler a?ec une houe. 

Hubi, V. n., hausser les épaules. 

Huy s. m., porte, huis. 

Hûo, iiiterj., cri pour faire tourner les chevaux à dioite. 



ly interj., cri pour faire avancer les chevaux. 

/, pr., il, ils, (devant Une consonne où un h aspiré.) 

lan, adv., dedans. 

lad y s. f., eau. 

Ichin, adv., ici. 

Igre, s. m., ongle, ergot. 

Tind, adj., noirâtre. 

Ilo, adv., là. 

Imeiiy s. f., humeur. 

In, 8. m., an. 

Indingne, adj., indigne. 

Int, adj., pareil; pi., iûiiaÔ, 

Invëcti, adj., malin, invectif. 

lor, adj., sale, dégoûtant. ^ 

ItoUy adv., aussi. 

Ivéy s. m., hiver. 

Ixy s. f., tréteau de scieur. 



Jaco-Jaqu^lëne, s, f., feinpie grussièro, d'un air mâle, 
Jaf, s. f., soufflet. 
JanUoHy s. m., hanneton. 
Janiére, s. f., champ d'ajonc. 



44 

Jamnë, adv., jamais. 

Jadne, adj., jaune. 

Jaôni, V. a. et n., jaunir. 

Jap, s. f., babil. 

Japô, V. n., aboyer. 

Jaque, voyez Pétron. 

JenchiVy s. f., gencive. 

Jénich, s. f., génisse. 

Jënoty s. f., racine du Carum bulbocastanum, 

Jensô, V. a., déranger, mettre de côté. 

Jërnicoton, interj., sorte de jurement. 

Jërs, s. f., brebis qui n'a pas encore porté. 

Jif, s. f., soufflet, gifle. 

Jigarn, s. f., bûche mal taillée. 

Jhnô, V. n., pleurer, se plaindre, gémir. 

Jipoutrô, V. n., folâtrer. 

Jodane, adj., sot. 

JodUf adj., sourd. 

Jôe, s. f., joue. 

Jone, adj., jeune. 

Jonflé^ V. n., souffler, la bouche ouverte, sur quelque chose 

de manière à la couvrir de vapeur. 
JoW; V. a., habiller; ne s'emploie guère que dans Texpression: 

inal joTé. 
Jostô, V. n., plaisanter. 
Joue, s. f., joie. 
Jne, s. m., jeu. 
Jui, s. m., juif. 
Julé, s. m., *) juillet; ') gilet. 
Jûne, s. m., jeûne. 
Jûnôf V. n., jeûner. 

Juquie^ v. a. et n., jucher, être juché, percher. 
Juta, y^ n., rendre du jus. 



45 

L. 

Lachon, s. m., lacet. 

Laïsie, adj., soûl. 

L'andréf adv., là. 

Lane, s. f., laine. 

Lanfèy 8. m., filasse, discours confus et embarrassa. 

Lâquie, v. a., lâcher. 

Lavchinô, v. a.^ laver la vaisselle. 

Lavrie, s. f., lieu où on lave la vaisselle. 

héf s. m.) lait. 

Légueume, s. f., légume. 

Léqu^réi, adj., friand. * 

Lërm, s. f., goutte, larme. 

Lënnie, s. m., saillie du toit qui permet à la pluie de couler, 

larmier. 
Leû (fe), pr. poss., le leur. 
Leune, s. f., lune. 
Lif pr. pers., *) dat. masc, \u\: fit d'mand'ré; ^)abs., luit 

Œe II 
Lian, s. m., lien. 
Libodeu, adj.» gluant, visqueux. 
Lichoin, s. m., *) courroie; *) discours traînant. 
Licôy s. m., licou. 
Lie, pr. pers., *)dat. fém., lui: flie dounWé; ')ttbs, elle: 

Ch'e lie. 
Liéty s. f., bsnde de toile qui sert à lier. 
Limouzëne, s. f., manteau en poil de chèvre ou en grosse 

laine que portent les rouliers, limousine. i 

Lingar, adj., efflanqué. 
LingnSy s. f, ligne. 
Livëmâje, s. m., vesce d'hiver. 
Lochie, *) v. a., secouer un arbre, abattre des fruits avec une 

gaule; ^) v. n.; locher. 
Lodd, V. a., lécher, sucer. 
Louan, adv., loin. 



46 

Louch, s. f., cuiller à pot. 

Lu, *) pr. pers. dat., leur; ') pr. poss., leur. 

Lue, s. f., lieue. 

Lumél, s. f., petite lame de couteau. 

Lûre, V. a., lire; p. p., lue ou luëzu. 

Luréj y. a. et n., répéter toujours la môme chose. 

Lurqule, v. a., regarder avec persistance. 



TME. 

Ma (Mal), s. m. et adr., mal. Ma d'dm: mal de dents. 
Mal en trin: souffrant. ' 

Mâchonna, v. a., maçonner. 

Machu, s. f., massue. 

Majie, v. a., manger. 

Mal, s. m., fumier. 

Malacanchie, v. n., se méprendre, s'adresser mal. 

Maladian, adj., maladif. 

Maladrê, adj., maladroit. 

Malandre, s. f.^ pustule, ulcère. 

Malon, s. m., escarre, crôute qui se forme sur un ul^sëre. 

Man, *) pr. possi, mon; *) s. f., mais. 

Mandai, s. f., soufflet. 

Maôvê, adj., mauvais. 

MaôvèzHô, s. f., méchanceté. 

Marc/ne, ^)v. n., marcher, s'en aller; *)8. m. «larché. 

Mar^ché, s. m., maréolial ferrant. 

Margouiie, v. a., manger malproprement, entamer ou «ordre 
quelque chose sans le manger. 

Maringot, s. f., espèce de voiture longue, ouverte à ses doux 
extrémités et à côtés fermé». 

Marjoly s. f., pi., caromsuks qui pendent sous le bec des galli- 
nacés. 

Mannounô (Marounô), v. a., grogner, murmurer, marraonaeir. 

Marte, s. m., marteau. 



47 

Martuchie, adj., marqué do petite vérole. 

Mâsè, s. m., mélange d'argile et do foin dont on se sert pour 

faire des mars: 
MateUy s. m., menteur; f., mateûz ou mafres, 
Matinâ, s. f., matinée. 
Mâtiné, adj., matinal; f., matinél. 
Maton ^ s. m., menton. 
Me, s. m., mois, 

Mé, ')pr. pers., moi; ^) s. f., mer; *)8. m., mai. 
Méchangnie, v. a., blesser, estropier. 
Méchin, s, m., médecin. 
Mëcr^diy s. m., meraredi. 
Mëgnetiy s. f., minuit. 
Mel, s. m., merle (Turdus merula). 

Mél, *) s. f., nèfle; *)s. f., maille, anneau d'une chHîne, p(»rto 
de l'agrafe. 

Mélie, s. m., néflier. 

Mêlimêloy s. m., nom do la Mercurwlh amiua. 

Méi, 8. f., substance visqueuse qui J^e formfe an fond des 
bouteilles où est resté du cidre. 

MelOf s. m., fll mêle. 

Mhnonere, s. f., mémoire. 

M'êniny s. m., (nom de lieu) Mesnil. 

M'nmz, s. f., (terme de pêche) petit plomb, la partie de la 
ligne qui la fait enfoncer dans Teau. 

Méprizie, v. a., mépriser. 

MërCy s. f., marque. 

Mëf'chie, s. m., mercier; f. ^nërchiere, 

Méridiane, s. f, méridienne, sieste* 

Mërquie, v. a., marquer. 

Méte, V. a., mettre; p. p. min, f. minz. 

Meuble, ') adj., friable, léger, facile à labourer; ^) s. m., bétail. 

Miaônô, v. n , miauler, -i 

Mieamô, s. m.,niolMige de café et d'eân-de->?ie. (Le not est 
peu usité dans le Val de Saire). 



48 

Mie (V), pr. posa., le mien 

MiCy s. m., miel. 

Miêt, 8. f., petit morceau, rien, miette. Eune miét: \m peu. 

Miieii, adj., meilleur. 

Minchie, v. a., mettre en petits morceaux, mincir. 

Mingr'Un, adj., chétif, sans force. 

Mintie, s. m., cidre mêle' d'une moitié d'eau. 

Minzêre, s. f., misère. 

Mio, s. m., petit morceau, miette. 

Miolâ, s. f., pain émietté dans du cidre. 

Mireû, s. m., miroir. 

Mitan, ') s. m., milieu, centre; ^)s. f., moitié'. 

Mitane, s. f., mitaine. 

Mitouch, s. m., hypocrite. 

Moc, s, f., godet en .terre, qui sert à boire le cidre. 

MdCy s. f., mouche; môc à mie, s. f., abeille. 

Mognan, s. m., moyen. 

Moliy V. n., faiblir, céder, diminuer. 

Monteû, s. m.^ montoir, billot sur lequel on se place )^ur 

monter à cheval. 
Monteure, s. f., monture, cheval que l'on monte. 
Morozifj adj., morose. 
Mouchéy s. m., monceau. 
Moucheû, s. m., mouchoir. 
Motichie, v. a., moucher. 
Moue, s. m., moyeu. 
Mouètre, s. f., montre. 
Moûëtrô, V. a., montrer. 
Motifte, s. m., mufle, visuge. 
Moufié, adj., mou. 
Moulina, v, n., remuer toujours. 
Mouniâ, 8. f., maman. 
Mounie, s. m., meunier; f. mouniere. 
Moûore, s. f., fruit d«3 ronces, mûre saoyage. 
Moûoré, s. m., fruit de l'airelle. 



49 

Moûori, V. n., mourir. 

Mourmo, s. m., songe-creux, morose. 

Moûoron, s. m., salamandre terrestre (Salamandre maeu- 

losa). 
Mousieû, s. m., ") monsieur; ') dénomination railleuse d'un 

cochon. 
Mont, s. f., nom familier donné aux diattes. 
Mouton, s. m., grosse poutre mobile, qui, à la fabrication du 

cidre, écrs^e les pommes. 
MouvOf V. a. et n., mouvoir. 
Mouzét, s. f., petite fille impertinente. 
Mu, s. f., cage où Ton met les yolailles à engraisser. 
Muchét, s. f., cachette. 
Muchie, v. a., cacher. 
Mucre, a4j., humide, moisi. 
Mucreu, s. f., humidité des lieux bas et fermés. 
Mue, adv., mieux. 
Mular, s. m., boudeur. 
Mulô, V. n., bouder. 
Mulon, s. m., tas de fagots^ de foin, etc. 



Na, interj., eh bien, parbleti. 

Nanin, adv., nenni, non. 

Napon, s. m., petit garçon. 

Nartre, s. m., traître. 

Nas, s. f., torchon mouillé fixé au bout d'un long manche 
avec lequel les boulangers nettoient le four, écouvillon 

Nature, adj., naturel. 

Navé, s. m., navet; pi. navê et naviaô, la dernière forme 
sans doute venue d^un ancien diminutif: naviêl, qui ce- 
pendant est hors d'usage dans le patois. 

Né, adj., noir. 

Néfil, s. m., cordonnet noir. 



50 

NêrchibOy s. m., moricnud. 

Nëtiê, V. a., nettoyer. 

N*tou, adr., non plus. 

Neuch, 8. f., noce. 

Nié, V. a., noyer. 

NiquëteUj s. m., celui qui est délicat. 

Niquëtô, V. n., être d^icat. 

iVO; pr. indéfini., on (devant une explosive ou une spirante). 

No {noz), *) pr. pers. rég., nous; *•) pr. poss., rtus. 

Nobléch, s. f., noblesse. 

Noé (Nôél), 8. m., Noël. 

None, s. m., mt4i (le mot n'est coneer?é que chez les vieilles 

gens). 
Nof, pr. poss., notre. L'nôfe: le nôtre. 
Nou, s. m., noeud. 
Noué, s. f., noix, noisette. 
Nuëzu, p. p., nni. 



(01), pr. pers., elle. 

Ohi, s. m., défaut. 

Oingne, s. f., murmure, facheci». 

Oingnie, v. n., murmurer, être fâché. 

Oniere, s. f., ornière. 

Orilie, s. m., oreiller. 

Ormouere, s. f., armoire. 

Orté^ s. m,, orteil. 

Osin, conj., c'est pourquoi, à cause de oela^ aussi. 

Oûërs, s. m., ours. 

Ouëzé, s, m,, oisoua. 

Ouëzif, adj., oisif. 



51 



Pa (Par), prép., par. Pa la gml: par la bouche. Dan 

par où', inachevé. Par âpre: ensuite. 
Paéy V. a., balayer. 
Paij s. m., pays. 
Palet, s. f., pelle. 
Palêtà, s. f., plein une pelk. 
Pan, s. m., paiw. 
Pane, s. f., peine. 
Pan'coûot, s. f., Pentecôte. 
Panét, s. f., tache de rousseur. 

Panëtô, adj., qui a des is^he» de roîisseur, Jeniagiiioux. 

Pa^iô, adj., ruine. 

Par, s. m., parc. 

Parapie, s. m., parapluie. 

Par^', V. n., passer de la fersientation siKjrée à la fermen- 
tation alcoolique (quand le cidre est paré, il «st assez 
fermenté pour être bon à boire). 

Paré, s, f., paroi, muraillo, cloison. 

Parlochie (S'), v. r., parler avec affectation, écorcher une 
langue. 

Patolô, V. a., manier lourdement. 

Patouè, s. m., patois. 

Patroulie (S')^ v. r, travailler avec ses mains, se donner 
beaucoup de peine. 

Patround, v. a., tourner et retourner, défraîchir, salir (moinç 
usitée que patolô). 

Pav, s. f., Iris des marais (Iris pseiuUhacorus), 

Pé, s. f., peau. 

Pe, s. m., ») pois, haricot; ^) poids. 

Pëc, s. f., pêche.. 

Pé cà, s. m., pois des champs (Pisum arvense), 

PéeJtie^ v. n., pécher. 

Pëcvëquie, v. a., mettre sens dessus dessous. 

Pely s. f., poêle. 



52 

Plét, s. f., morceau de peau de mouton que l'on met sur les 
sabots. 

Péiy s. f, mèche pour faire jouer une toupie. 

Plôf V. a., peler. 

Plotôy V. a. et n., jeter avec des boules de neige. 

Pensa f s. f., pensée. 

Pëquie, v. a., pêcher, prendre des oiseaux dans des pièges. 

Péquie (S^), v. n., rester immobile. Péc4é là m'atenre. 

Përchie, v. a., percer. 

Père, I. f., poire. 

Péré, s. m., chaussée. 

Përéf, s. f., péronnelle, jeune femme bavarde. 

Pëson, s. m., pièce de bois fichée dans la terre, à laquelle on 
attache des bestiaux qui paissent. 

Peson, s. m., poisson. 

Pétochf s. f., nmnvaise chandelle qui pétille. 

Petre, adj., paresseux. 

Pétron, mot qui entre dans la composition du substantif pé- 
tron-jaqué: point du jour. S^rvd pétron-Jaqué. 

Peûfie, s. m., fripier. 

Peûfre, s. t., friperie. 

Pévre, s. f., poivre. 

Pézt ou Pzé, s. m., fanes de pois. 

Pianch, s. f., fille espiègle. 

Piaôme, s. f., pivoine {Pœonia). 

Pic-'ChiCy s. m., (sobriquet de) tailleur. 

Pico, s. m., dindon; f., picoU 

Picouê, s. m., pic, boue. 

Pie, *) s. m., pied; ^) s. f., pluie. 

Piéck, s. f., *) champ de terre arable; ') = bavrét (voyez ce 
mot); ^) rien. 

Piëgne, s. m., peigne. 

Piëlô, V. a. et n., marcher sur les pieds de quelqu'un; pié- 
tiner. 

Piétô, s. f., piété. 



53 

Pihotis, s. f., femme de mauvaise vie. 

PU, s. f., volée de coups. 

Pinchj s. f., pince. 

Pinchk, V. a., pincer. 

Pionôy V. n., faire un travail pénible. 

Piôsô, V. a., *) enlever la peau; ') battre. 

Piqm, conj., puisque. 

Ptsie, V. n., uriner. 

Pisô, 8. m,, urine. 

Pttte, s. f., pitié. 

Pëéchf s. f., place. 

Piéchie, V. a., placer. ' 

Ptanre, v. a. et n., plaindre. 

Piatëne, s. f., bavardage. 

Piênitre, s. m., place, esplanade. 

Pieume, s. f., plume. 

Pieure, v. n., pleuvoir. 

Ptéziy s. m., plaisir. 

Pfce^ s. f., pluie; voir aussi Pie '). 

Piuquie, v. a., déplumer. 

Piuzû, adj. pi., plusieurs. 

Pô (Paz), adv.^ pas. 

Pochardô (S'), v. r., s'enivrer, 

Pow^ adv., point. 

Pôpily s. f., cil, paupière. 

Pôpilie, V. n., fermer les yeux de peur, ciller (moins usité 

que ctlotô), 
Por, prép., pour. 

Pormèque, conj., lorsque, dès que. 
Porquéy adv., pourquoi. 
Porffûél^ s. m., portefeuille. 
PôSf s. f., instant. 
Potin, s. m., babil fatigant, tapage. 
Pou, *)8. f., peur; *)s. m. pi., bouillie d'avoine à Veau. 
Pouc, s. f., petit sac. 



54 

Pouéf 8. m., pou. 

Pouf y s. m., ornement de- la toilette de femme qni fait bouf- 
fer la robe, tournure. 
Pouingne, s. f., *) poing, main; ^) étreinte. 
Pouingnir, s. f., poignée. 
Poulariy s. m., poulain. 
Poular, s. m., pouilleux, homme méprisable. 
Potime, 8. f., pomme. 
Poumie, s. m., pommier. 
Poumon, s. m., terre fangeuse. 
Poûor, adj., pauvre. 
Poiipa, 8. m., père, papa. 
Ponquét, s. f., poche. 
Poître, V. a., pondre; p. p., poumi. 
Pour é y s. m., porreau. 
PouvOy V. a., pouvoir; p. p., peu. 
Praôneû, s. m., bavard. 
Praônôy v. n., bavarder. 
Prëhitei\ s. m., presbytère. 

Prèchie, v. a., parler, prêcher. • 

PrenrCj v. a, prendre; p. p., prin. V 

Presie, v. a., presser. 
Préfmtafe, s. t., ") attirail; 2)cl<jcbette attachée au cou d'an 

cheval. 
Preune, s. f., prune. 
Prinseû, s. m., pressoir. 
Prinz, s. f., prise. 
Prinzdy v. a., *) priser (apprécier); ^) priser (aspiiw par le 

nez du tabac en poudre). 
Prononchie, v. a., prononcer. 
Prunioly s. f., primevère. 
Puy adv., plus. 
Puchy s. f., puce. 
Puchief ') v. a., puiser, couler la lessive; ^) s. m., vase en 



55 

terre avec lequel on puise (dercaa, du cidre, etc, #t eu 
particulier la lessive). < 

Pure, V. n., couler, dégoutter. 

Putd, adv., plutôt. 



Qu\ pr. relat. et Int., qui (devant une voyelle). 

Que, pr. relat. et int., ^)qiio!. Q%ié qu* ffé: quoi que ce soit, 
quelque chose; ^) qu'est-ce? Que qu' il a di: qu'e^t-C8 
qu'il a dit? ^) qui est-ce? Que qui'Ta di: qui e%t-c© 
qui l'a dit? • . \ 

Que, v. IL, choir, tomber. Que qu'ë pd: Qu'est-ce qui est 

tombé? 

Quéman, \ ,. .\ fém., qutmmid, * 

/, X \ >s. m., mendiant l ' ^ _« 

Quemanaeû,] j fem., quemandrë». 

Quémanda, v. a., mendier. Voir Camandô. 

Qu'mandô, v. a., commander. ^ 

Qu*men, adv., comment. ^ 

Qu'me7ich*men. s, m., commencement. 

Qu'menchie, v. a., commencer. 

Qu'min, s. m., chemin. 

Qu'minsol, s. f., camisole. 

Qu^minz, s. f., chemise. 

Quéne, s. m., chêne. 

Quër, s. m., corde ou chaîné munie d'un pieu et qui sert à 
attacher les bestiaux dans les champs. 

Qusrant, adj. uum., quarante. 

Qiiërbon, s. m., charbon. 

Quërbonétf s, f., petit charbon, braise. 

Quërbonie, s. m., charbonnier. \ 

Quërbonô, v. a. et a., remuer le feu, épkicker avec les pin- 
cettes les charbons dans les cendres. 

Quëre, s. f., chaise. 

Quëréme, s. m., carême. 



56 

Quërét, 8. f., charrette. 

Quêriy s. m., morceau de boeuf près de la queue. 

Qu'èrmuchét, s. f., cligne-musette. 

Quërn, s. f., cheval rétif. 

Quërpent, s. f., charpente. 

Quërpentie, s. m., charpentier. 

Quërpentô, v. a. et n., charpenter. 

Quërtie, s. m., corps d'une charrette^ 

Qiiertrie, s. f., remise destinée à abriter des chariots, hangar. 

Quéru, adj., courageux. 

Quëru (ou Qutéru), s. f., charrue. 

Quétilie, V. a., battre, rosser. 

Quêtine, s. f. pi., pommes qui tombent avant la maturité. 

Queii, s. m., coeur. 

Queuréy s. m., enfant de choeur. 

Qu'véf s. m., chevet, 

Qu'veu^ s. m., cheveu. 

Qu'vile, s. f., cheville. 

Qu'viiie, v. a., cheviller. 

Çw/ (Quil)f pr. int., quel. 

Qniite, s. f., cuiller. 

Quiqm, pr. ind., quelque; abs.: ÇWg'W^ww. 

Quiqufty adv., quelquefois. 



Baboûolô, V. a., renvoyer une boule. 

Rabuquie, v. a. et n., remuer une chose maladroitement, bou- 
leverser. 
Rachëne, s. f., racine. 
Bàcté, s. f., volée de coups. 
Bacmodô, v. a., raccommoder, remettre d'accord. 
Racoquiiie (S'), v. r., se resserrer comme dans une coquille. 
Racoîird, s. m., chemin de traverse. 
Ragach, adj. et s. m., querelleur. 



57 

Bagnon, s. m., rognon. 

Bagôy s, m., fanes de fèves. 

Ramâr^y v. a., rattacher, remettre eu état. 

Bamendôy ^) v. a., amender, remettre en bon état; ^) v. n., 

') aller mieux, être moins malade, **) baJBser d# prk. 
Rmi, ')s. m., bélier; ^)a. m. pi, reins. 
BanrloHÏiey v. n., bouillir trop longtemps. 
Banqueuney s. f., rancune. 
Bfijmrtiie, v. a., assortir. 

Baqmipfif s^ m., trognon de poire on de poûim«. 
B aviva, v. n., revenir. , 
Batlhv, adv., tout près, rasibus. 

Batrotôy V. a. et n., répéter, rabâcher. ' 

Bâzefiy p. m., rasoir. 
Bâziere, s. f., demi-boisseau. 
Béhét, s. f., *) chou-rave, rabette (Bfrts^'m râpa); ^) r^i4)e}et 

(Silvia troglodytes^), y 

R^houqiiiey v. n., ne vouloir pUis, ôtue raseasié de quelque 

chose. V . . 

B'hotiteû, s. ra., chirurgien de campagne. 
B' bouta, v. a., réduire une fracture. 
B'ch^vo, v. a., recevoir. 

Bëciie, V. a., abattre les pommes restées sur un pommier, racler. 
B'ero, s. m., octave d'une fête. ' 

Bëd, adv., trè:?, extrêmement. Oh'e rM. bmmi. 
BédmibVey v. n., revenir sur ses pas. 
B^fnzôj v. a., refuser. 

B'gamj adj., de mauvaise humeur. - ^ . 

B^ garda, v. a., regarder. * 

Bfiime, s. f., rime (mais les dérivég: Hmô (rimer), phneà 

(rimeur). 

B\jiu^ V. n., ondêver. • ^^ 

B'fvâ, s. f.) relevée.. > 

B^luquw, V. a., regarder attentivement. % 

Be^mouleûy s. m., remouleur. 

8 



58 ^ 

RënaVy s. m., vomissement. 

B'êne, s. f., i) grenouille, raine; ^) reine. 

B^pâsô, V. a., repasser. 

Repensa, v. a., repenser. 

Renpiiture, s. f., trame. 

Béponre, v. a. et n., répondre; p. p., répounu. 

Résan, s. m., air du soir. 

R'séquie, v. a., mettre à «ec. 

Rèsounô^ V. a., gronder. 

R^soûordre, v. ii., se gonfler, en parlant de la pAte qui lève, 

des légumes qui cuisent, etc. 
R'sor, s. m., ressort. 
Rësué, V. a., essuyer. 
R'touomô, Y, a., retourner. 
Reu, s. f., roue. 
Reume, s. m., rbume. 
RëVyts. f., miel en rayon. 
R'v'nin, v. n., revenir; p. p., r'v^neu, 
Ribariy s. m., ruban. 

Rtcachie, v. n., rire aux éclats, rire à l'excès. 
Rieachoue (ou Ricacheû), s. m., homme qui rit des bagatelles; 

f., ricachouëne. 
Ridé, s. m., rideau. 

Rie, pr. ind., rien. In' fé pô rie: il ne fait rien. 
Rion, s. m., pstit sillon tracé dans une planche de jardin. 
Roc^ s. f., roche. 
Rôdeû, s. m., rôdeur, voleur. 
Roingnie, v. a., rogner. 
Ronpeure, s. f., rupture. 
Rôton, s. m «y trognon de Vihou, de pomme. 
Rouai, s. f., petite roue. 
Roufie, s. f., il ne s'emploie que dans la locution: fére la 

roufie: faire le gros, se pavaner, faire la roue. 
Rouière, s. f., ornière. 
Roûoje, adj., rouge. 



59 



Roûojé^ s. m., gale des chiens. 

Rousé, s. m., ruisseau. 

Rdzâf s. f., rosée. 

Rûdy adj., lourd, peu agile, engourdi. 

Riiéy V. a. et n., jeter des pierres à quelqu'un. 

Ruëne, s. f., rujne. 

Rmnartcfne, v. a. et n., murmurer; gronier. 

Rtnif/uiey V. a. el; n., ruminer. 

Rupin, s. m., habile^ rusé. 



Sa; S. <n., sac. 

Sabiounét, s. f., horloge de sable. 

Saboulô, V. n., gronder, faire du bruit. 

Bacajie, v. a., briser, dévaster. 

Salètiey s. f., salaison, eau salée que Von verse èur lés pois- 
sons, etc., pour les conserver. 

Sun, ')pr. poss., son; ^) adj., sain. 

Sangniey v. a. et n., saigner. 

Snnfnêlôy s. m., pus mêlé de sang. 

Santôy s. f., santé. 

Saô, s. m., saule. 

SdôsVroly s. f., piège pour prendre les oiseanx, composé d'un 
noeud coulant en crin et d'une baguette courbée, qui 
se redresse brusquement, quand le noeud se détend. 

Saotico^ s. m., crevette grise (Crangon vulgaris). 

Saôtôy V. n., sauter. 

Saqué y s. m., petit sac. 

Saquie, v. a, tirer brusquement. 

Savitiy adj., savant. 

SavOy V. a., savoir; p. p., sètt. 

Savounôy v. a., savonner. 

Séy ') pr. réfl., soi; ^) adj., sec; f. séc; *) s. m., sel; *) s. m., 
«oir. 



iJO 

Se, B. m., sas, tamis. , 

Ségré, s. m., secret. 
Sema ne, s. f., semaine. 
Série, s. f., filet de pécheur. 
Séqule, V. a., socUer. 
Sërasui, s. m., sarrasin. 
Sërcieû, s. m., sarcleur. 

Sërciie, *) v. a., sarcler, ^) s. t., sarelure, mauvaise herbe. 
, Sëifë, s. f., soirée. 

Sérinyuie, v. a., seringuer. 

Seu^ *) adj., seul; ^) s. f.. soeur. Bonne seu: religieuse; *) 

s. f., soif. •^' 

Seû, *) adj. y sûr; ^) s. m., sureau; mais les fleuri: suriaô. 
Sézanty adj. num., soixante. i 

Si, s. f., suie. 
Sie (L'), pr. poss., le sien. 
i^ie (Sk), adj, ;ium., six. 
Sinym^ s. m., signe. 

Sino, s. m., vase (en terre ou en bois) dans lequel on sale du lac^. 
Snéqueu, adj., scrupuleux. 
Sa, adj., soûl, ivre. Cre cha é be (ÏViaô^ t'iCl pd prê d'été 

aô (Proverbe). 
Soc (D*) é (Vh'soc, loc. adv., maladroitement. 
Solie, s. m., grenier, plancher. 
Souôlô, v. n., avoir coutume. 
Soupôf s. m. et v. n., souper. 
Sôv, adj., sauff 
Sue, s. m., suif. 
Sûé, s. m., seuil. 
Sueu, s. f., sueur. 
Sumél, s. f., semelle. 

Stimeû, s. m., ') semeur; ^) tablier de semeur, semoir. 
Sumd, v. a., semer, 
Supôf V. a., humer, avaler d'un trait. 
Sûre, V. a., suivre; p. p., sûëzL 



61 

Sûrél, s. f., oseille (Bumex acetosa)\ P^tit surèl: {Bumex 

acetosella.) * 
Suspenn'y v. a., suspendre. 



T. 

Ta, s. m., chenille du sphinx tèle de mort (Sphinx atropos), 
Tabour, s. m., tambour. 

Talbo, H. m., noir de fumée mélangée de graisse qui s^attache 
aux marmites, etc. 

Talbotd, V. a., noircir, couvrir de talho. 

Tan, pr. poss., ton. 

Taddion, s. m., indigent; qui habite un taudis. 

Tapa, s. f., grande quantité. 

Tapounô^ v. a., donner de petits coups, en particulier sur la 
tête. 

Taqué, s. m., verrou. 

Tardi, adj., tardif. 

Tarjie, v. n., tarder. 

Tas, s, f,, touffe (de plantes). Eune tas d'bouê: un bou- 
quet de bois. 

Té, pr. pers., toi. 

Téc, s. f., balle à jouer. 

Tel, s. f., toile. 

Tlée, s. m., tisserand, toilier. 

Tnin, v. a., tenir; p. p., tin ou t'neu, 

Tëqiiie, V. u., tousser. 

Tënnô, V. a. et n., prendre terme, convenir, arranger. 

Tërou, adj., sali de terre. 

Teu, p. p. du verbe tei^e (taire). 

Teurc, s. f., *) lien en paille ou en foin tordu, dont on se 
sert pour attacher quelque chose, conduire nn animal, 
etc.; ^) sobriquet qu'on donne aux femmes mal habillées. 

Teuré, s. m., taureau. 

Teurquét, s. f., = teurc ho. 



62 

Teurquie, fi, a., toMro. 

leurtrey v. a., t«»rdn\ presser, exprimer (<Ies ct)nflture5, etc.) 
p. p. leur, 

Tie (L'), pr. poss., le tien. 

Tif/naSf s. f., cliovelure «'puisse et en désordre. 

Tintf H. f., tante. 

TintonWy .s. m., caprice, manie, coup de tète. 

Tip, adj., impair. 

Tipounôy V. a., r=-- patoiô. 

Tiré, Y. a., traire. 

Tondre, s. m., amadou. 

Toqué, s. m , gourmand. 

Toquie, adj., un peu fou, toqué. 

Torchie, v. a., torcher, essuyer. 

Tôtofi, s. m., trognon de chou. 

Touiie, V. a., salir, souiller. 

Touné, s. m., tonneau. 

Tonne re, s. m., tonnerre. 

Touort, s. t., pain de 6 kilogrammes. 

Touotre, ') v. n., tousser; ^) s. f., toux 

Toupinô, V. n., tourner sur soi-même comme une toupie, rô- 
der de tous côtes. 

Touquiey v. a., toucher. 

Tourneur e, s. f., tournure. 

Tournieû, s. m., ') rôdeur, flâneur; f., tournirës; ') panaris . 
(ainsi nomme' "parce que la plaie toume autour du doigf*). 

Touzô, V. a., tondre. 

Tra (à), adv., à travers; âiô tout atra: passer partout. 

Trabuquie, v. a., traverser. 

T racine, v. a., chercher. 

Tran, s. m., pis de vache. 

Travâ, s. m., travail. 

Travër, s. m., sillon en sens invertie des antres. 

Tré, adj., num., trois. i 

Tréjou, adv., toujours. 



6:^ 

Tréma ne y s. f., trèfle dos prds (Trifolium prafense), 

Trena, s. f., ce que Ton traîne après soi, traîne. 

Trenbiie, v. n., trembler. 

Trêsaôtô, v. ii.^ tressaillir. 

Tré'tan, adv., avec excès. 

Treûtôy V. n., peter. 

Trézéy s. m., tas compost» do dix >»erbes; pi., tréziuô. 

Triëje^ s. f., sentier tracé dans la neige. 

Triië, s. m., treillis. 

Tripalie (S'), v, r., se surcharger d'aliments,. 

Tripota, V. n., toucher à tout. 

Trivaôdô, v. n., chanceler. 

Trô, 8. m., pétrin. 

Trogne, s. f., ventre. 

Tronpy s. f., erreur. 

Tro}) à cou, loc, adv., trop tôt. 

Troua, s. m., dévidoir. 

Troupe, 8. m., troupeau, tas. Troupe d^poume, 

Trouspin, s. m., enfant espiègle. 

Trubie, s. m , bêche dont la partie supérieure e«t en bois. 

True, s. m., il ne s'emploie que dans l'expression: avo Vtruc: 

être rusé, adroit. 

Trumutn, s. m., bruit, vacarme. 

Tu, s. m., tuf 

Turn, s. f., masure. 



XJ. 

U, s. m., *) oeil; pi., ûr; ^) = hu. 



Vac, s. f., vache, 

Fam, s. m., jachère. 2?r en vacâ: champ inculte ou en friehe. 



1 



VA 

Varàhon, s. m., vagrabond. 

Vali\ V. a., valoir. 

VaMhie^ adv., avant-hior. 

Vaôcnié, v. a., wrhandor, mal cuire. 

Varou, s. m., loup-garoii, garnement. 

VarvOy s. m., bourbe, boue claire, eau sale. 

Vaspasian, s. m., vagabond, garnement. 

VastibouziPrey s. f., femme «aie, servante de basse-cour. 

Vaton, s. m., garrot levier. 

Vatonôy V. a., serrer, en la tordant avec un vaton, uiie cx>rde 

fixée par les deux bouts. 
Vatro (S'), V. r., se crotter. 
Vavity s. f., diarrhée. 
Vëf s. f., voie, chemin. 
Vér/iin, adv., voici. iW oéchin: me voici. 
Vefy V. a., voir; p. p., ven, 
Vély s. f., voile. 
Yen y s. m., baleine. Prenre^ perdre ven: reprendre, perdre 

haleine. 
Vëne, s. f., vesse. 
V'nély s. f., ruelle (de lit). 
V^nifiy V. n., venir; p. p. v^neu. 
Vfipijie, V. a., venger. 
Ventriton (à)y \\>c, adv., à plat ventre. 
Vepre, s. m., guêpe. 
Ver, adv., vraiment, c'est vrai: Seil qu' ve(r): bien sûr, 

c'est vrai. • 

Vérëne, s. f., verre do montre, Vitrine. 
Véritô, s. f., vérité. 

Vërjcy 8. f., mesure de quarante perches carrées. 
Vërlop, s. f., varlope. 
Vêrmëney s. t., vermine, rats et souris. 
Vërnôy », m., verrat. 
V'rouSy s. f., diarrhée. 
VèrUy 8. f , ^verrue. 



• 



65 

Vêrvt^^ s. m., enfant vif et espiègle; f., vërvét. 

Vefi, V. a., vêtir; p. p., vUi. 

VéturCy s. f, voiture. 

Véturie, s. m., voiturier. 

Vend, adj., vide. 

Vefiv ou Veîwie, s. m., veuf. 

Vezin, s. m., voisin. 

Vêzmâje, s. m., voisinage. 

Veztpw, v. u., voisiner, avoir des rapports de voisinage. 

Vi, adj., vif. 

Viâje, s. m., voyage, fois. 

Viaô, s. m., veau. 

Vica'i, s. m., vicaire. 

Vfind, s. f., viande. 

Vinhïéy s. m., tarière. 

Vtngue, s. f., vigne. 

Vinpôj V. n., pousser un cri perçant. 

Viquéy s. m., guichet, petite porte. 
Vb (Voz), pr. pers., vous. 

Voiieûf s. m., étalon qu'on emploie pour voir si la jument est 
en chaleur. 

Varie, s. m., vaurien. 

Vostô, V. n., aller, courir de côté et d'autre. 

Vof% pr. poss., votre; pi. von (vouz), Uvôte: le vôtre. 

Voidl, V. a., vouloir; p. p., voidi, 

Voulonfô, s. f., volonté. 

Vra (à), loc. adv., en masse. 

Vr'do, s. m., fausset, bonde de tonneau. 

VrOy s. m., varech du genre fucus. 

Vu, adj., vieux; f., vûéL 

Vûéio, s. m. et adj., vieillot. 

Vnéiof, s. f., grosse meule de foin. 



9 



Remarques Grammaticales. 

Uartide se décline de la manière suivante: 

M. Sinp. F. Sing. PI. 

r la •), r \6 «), l'z, léz ^). 

du, d'I d'ia, d'I' dé, d'z, déz. 

0, à r à la, à r 0, oz. 

r la, r lé, l'z, léz. 

Les substantifs ne se déclinent pas plus qu' en français. 
Le pluriel se présente ordinairement sous la même forme que 
le singulier, si ce n'est que le mot suivant commence par une 
voyelle; on ajoute alors un z, — Exceptés de cette règle sont 
les substantifs en éf, dérivés de diminutifs latins en eUus, 
uUis, qui forment leur pluriel en iad: agnê, agniaô; cape, 
capiaô; orfé, ortiaô, — Pour exprimer le génitif possessif 
on se sert de la préposition à, ainsi: la seu à lîdz, la soeur 
de Rose. Le genre est d'ordinaire le même que celui des 
mots équivalents en français. Cependant il fhut remarquer 
l'attribution du féminin à un certain nombre de substantifs 
qui sont masculins en français; par exemple: caz^ egseupte, 
légiieume^ oràje, etc. 

Le pluriel des adjectifs se forme comme celui des sub- 
stantifs; ainsi: bouon^ pi., bouon(z); bé^ pL, biaô(z), La 
formation du féminin présente quelques particularités, qu'il 
faut signaler. Les adjectifs finissant par une voyelle qui ont 
pour équivalents français des adjectifs finissant par une con- 
sonne, ont la même terminaison féminine que l'équivalent 
français: bruta, f. brutal^ chéti, f. chéttv, seu^ f, seul; 



') Devant une consonne. 
*) Devant une voyelle. 



67 

les adjectifs en é correspondant à oit français forment leur 

fém. en et: adré, f, adrét; 
les adjectifs (proprement p. p.) eu /w correspondant à /s français 

forment leur fém. en inz: èprin, f. éprinz; 
les adjectifs en ô forment leur fém. en a\ futô^ ï. fiitâ. 

Le reste se forment comme on français. 

Pronoms. 

Pronoms personnels. 

Conjonctifs. 

l.ière P.: 2:ième P.; 

Sing.: /e, / PI., sujet: JéJ,/ Sing : tu, f^) Vh, vo (voz) 
mejin* re'g.: no (noz) te, f^) 

3:ièmc P.: 
PI. 



La forme 
réfl.: 



se, s 



Sing. 

M, et F.: 
M.: i, il F.: o, ol i, il 

li lie lu 

le, V la, V lé 

Absolus. 
l:ière P.: 2:ième P.: 3:ième P.: La forme 

réfl. : 
Sing.: mé té M. li; F. lie se 

PL: noû voû M. et F. eu 

Pronoms possessifs. 

Conjonctifs. 
Un possesseur. 

l:ière P.: 2:ième P.: 

Sing. M.: man, m'n ^) tan, fn ^) 

F. ma, m'n^) ta, fn ^) 

PI.: me, m^z ou méz i) té, t*z ou téz *) 



3:ième P.: 
saUf s'il *) 
sa, s'n ^) 
se, s'z ou séz ^) 



') Devant une voyelle, 



68 





Pli 


j sieurs Possesseurs. 




l:icme P.: 




2:ième P.: 


3:ièoie P.: 


Sing. noV 




oor 


lu 


PI. HOUj nouz 




vou^ oouz 

Absolus. 
Un Possesseur. 


la, ifiz 


l:ièro P.; 




2:ièmo P.: 


3:ièmc P.: 


Siiig. M. L^mie 




r tie 


r file 


F. la mie ne 


In tiene 


1(1 siëne 


PI. lé mie 




l& fie 


U si>e 




PI 


usieurs Possesseurs. 




Irière P.: 




2:ièmc P.: 


3:ième P.: 



oôte 



F. \la *''^' \la 

PI. lé Hôte lé oôte 



{ 



le 
la 



lefi 



lé \eû 



Pronoms Démonstratifs. 

Conjoiictifs. 
Sing. M. chu V, Ch't V. 

F. Œt. 
PI. C/fé, C/féz 2). 



CA'; Cka^ Chëna, 



Absolus. 
Sing. M. Œtivhiii, ChHilà 
F. Œtéchin, Chnélà 
PI. Cheûchin, Cheîilà 

Le patois du Val de Saire n'a pas de mot e'quivalent au 
frj 

lé xie. Ainsi: f nie o man pd 
ne qui V a fô ^' mu neu: celle qui Ta fait est ma soeur. 



ue pai/ui» un v ai uu oaire nu, pas uts uiui* «^uivcm;!!!; au 

rançais celai. Il remplace ce démonstratif par V sle, Ui simCj 
é sie. Ainsi: l^ nie if inari père: celui de mon père; la sië- 



* ) Devant une consonne. 
^) Devant une voyelle. 



69 
Pronoms Relatifs. 

Sing. et PI. Sujet: qiU^ qu' '); Sing. : que (quoi). 

Reg. dir. et indir.: que, 
Ex.: Œété voV beti qu' été dan V ctô: c' était votre 
boeuf qui e'tait dans le champ; Vhonme qil' sa fi a épouzô 
Pier: riiouime dont la fille a e'pouso Pierre. 

Pronoms Interrogatifs. 

Conjojictifs. 

Sing.: Quly Quil ^). 
PL: Qui, Qnilz'), 

Absolus. 
Quiy Qu/ V; Qf^'i (quoi), 
Ex.: qu* è fô.^qui est là? 
Pour les pronoms indéfinis, voir \o glossaire. 



Les verbes auxiliaires. 







avo (avoir). 


Ind. 




Subj. 
Présent. 


f^ V. Je 




qu' je 


fâ 




„ Vt 


il a 




yy ^7 e 


fa von 




yy f^ion 


voz ave 


(roZ'é) „ voz éié 


il on 




„ il €, 
Imparfoit. 


fave 




qu' feif 


favc 




„ t'en 


il ave 




„ il eu 



*) L'/ de (fui ijeut quelquefois s'élider devant une voyelle. 

*) Devant une voyelle. 

*) Quand il s'emploie comme verbe auxiliaire, autrement fé. 



70 



^y . 



) avion 
voz aoié 
il avë 

Parf. Doï. 

feu 

Veu 

il eti 
feûme 

voz eût 

il eut 

Condit. Prés. 

] ère 
férè 
il éré 
férion 



„ feusiop 
„ voz eûsie 
„ il eut. 

Fut. Simple. 

jere 
t^érà 
il éra 
féron 
voz éré 
il éron. 

Impératif. 

ê 

éion 

été 



voz eric 
il erë 
Iiif. prés.: avo Participes: avan, eu. 



lud. 
fsi 

ré 

il ë 
fsome 
voz été 
i son 



fêté 
l'été 
il été 



ête (être). 



Présent. 



Imparfait. 



Siibj. 



que fsê 
„ tu se 


„ i se 


„ fséiôn 


„ vo séil 


que ffu 


„ tu fu 


„ i fû 



71 



ji'.fion „ ffîmoii 

voz et le „ vo fnsié 

il été „ i fut, 

Parf. Déf. Fut. Simple. 

//// j's'ré 

tti fa tu s'rà 

i fu i s'ra 

ffnme fs'rov 

vo fût vo sWe 

i fut i s'ron. 

Condit, prés. Impératif. 

j i^ re se 

tu s'rë séion 

i srè séiè. 
fsêrion 



00 s/it'ie 
/ s re. 



Inf. Prés.: ete. Participes: était, ta. 

Les temps composés se forment comme en français. 

Les verbes faibles. 

Les verbes faibles qui sont équivalents aux verbes fran- 
çais de la première conjugaison se divisent en trois groupes: 

1) ceux dont le radical finit par une voyelle ou un f 
se terminent dans Tinfinitif présent en é; 

2) ceux dont le radical finit par ch, j, qu ou gu, t ou 
(/n, s ou z précédé d'une voyelle palatale se terminent dans 
l'infinitif présent en ie; 

3) le reste ont Tinfinitif présent en ô, ce qui est un 
caractère dhtinctif pour le patois du Val de Saire. 

Ils se conjuguent de la même manière, excepté que lo 
participe passé suit toujours Tinfinitif présent, et se termiae 
respectivement en é, en ie ou en ô. 



72 



Je prends pour modèle le verbe 

trachif (chercher). 

Suhj. 



Ind. 

ftrach 

tu trach 
l trach 

ftrachon 

vo trache 

i trach 



f trache 
tu trache 
i trache 
ftrachion 
vo trachië 
i trache 

Parf. de'f. 

jtrachi 
tu trachi 
i trachi 
ftrachïtrœ 
vo trachit 
i trachit. 

Condit. prés. 

ffracKre 

etc. 



Présent. 



que ftrach, 

etc., 
comme en français. 



Imparfait. 



que f trachi 
„ tu trachi 
„ i trachi 
„ ftrachhion 
„ vo trachïsié 



i trachis. 



Fut. simple. 

ftracKrè 
tu trach^rà, 

etc., 
comme en français. 



Impératif. 
trachy trachoriy trache. 



Inf. prés.: trachie Participes: trachan, trachie. 



Il faut donc surtout observer le parfait défini en i et sa 
3:ième personne du pluriel en it, particularités communes à 
tous les verbes faibles du patois. 



73 

Dans la forme interrogative de Findicatif présent pi. 
2:ièmo p. de tous les verbes, on fait souvent tomber la dési- 
nence du verbe pour contracter le radical et le pronom; ainsi: 
dounoû pour douné'00{u), vouloû pour voul€'Vo(u), etc. 

Le verbe majie (manger) mérite une attention particu- 
lière pour les formes suivantes. 

Ind. présent. Jmpératif. 
fmaju fmajofi. tnaju 

tu niapi vo maje rnajon 

i mq/u i maju, maje. 

Les verbes de la seconde conjugaison faible se signalent 
par la chute de /V final de Tinfinitif présent et ceux de la 
troisième par la chute du f/ final du radical devant le re de 
rinfinitif: fini, venre. Du reste ils n'offrent rien qui mérite 
de fixer, l'attention. 

Les formes passives et réfléchies se forment à l'aide du 
verbe ete. 



Je vais donner en ordre alphabétique quelques verbes 
forts dont les formes me semblent dignes d'attention. 

1. âld (aller). 

Subj. prés, que fal que fàlon 

„ fal „ voz aie 

il al n il al. 



n 



Parf. déf.: /â/?* Subj. impf.: que Jâli 

etc. „ Vâli 

pi. 3 p. il âlit jj il âli 

„ faRsion 
„ voz aâsié 
Réfl. s'n âlô (s'en aller). „ il âUt. 

2. Asie (asseoir). 

Ind. prés.: fasié Parf. déf.: fasiézi 

t'asié etc 

il asii * 

10 



74 



f(tëiêz<m 
voz asiézé 
il asié. 

3. Bere (boire). 

Iiid. prés.: fbe Parf. déf.: fbeu 

etc. 
pi. 3 p.: f beuf 
Fut. simple: beré. 



tu bê 
i bè 
fb'von 
vo Vve 
i bev. 



P. P.: bm. 



4. Bouéii (bouillir). 

Ind. prés,: fboué Subj. pr.r 

tu boni 
i boue 
fbouéton 
vo bouéte 
i boiiéi 



que fbouéi 
„ tu bouêi 
„ i bmiéi 
„ fbouéion 
„ vo bouéle 
„ i bouêi. 



b. Catiowri (courir). 
Parf. déf.: feoûort; Put. simple: feoûoriré; P. P.: coûow*i. 

6. CoîiPri (couvrir). 

P. P. couvn. Ainsi se conjuguent aussi ofn\ ouvri et 
sou/H. 

# 

7. Crere (croire). 
Ind. près.: fore Impf.: fcreiê 

etc. etc. 

pi.: fcrêion 



vo créië 
i cre 
Part, déf.: fcreu 



Subj. Impf.: que fcreu 

^ tu creu 



t ereii 



75 

qiie no creimon 
„ vo creusiè 
Pr P.: creu. „ * creû. 

8. Dire (dire). 
Ind. prés.: pL 2 p.: vo dizè\ Subj. Impf.: pi. 3 p.: g'?*'* cfé. 

9. Dormin (dormir). 
Subj. impf.: pi. 3 p.: qu'i dormî; P. P.: dormin. 

10. Fali (falloir). 

Parf. déf.: i fali. 
P. P.: falù 

11. Fire (faire). 

Ind. prés.: ffe Subj. prés.: que fféch 



tu fë 




;, tu féch 


ifé • 




n i fich 


ffézon 




„ fféchion 


vo fèzé (ou féty 


„ vo féchiè 


i fon 




„ i féch . 


im^t: ffézè 




impf.: „ ffi 


etc. 




n il^fi 


Fut. simple.: ffré 




n i f\ 


etc. 




„ ffision^ 


Cond. prés.: ffrè 




„ vo ftsié 


tu frè 




n ^A 


ifrè 




â 


ffétrion 




p. P.: fé. 


vo férié 




«. 


ifrè 






12. 


Jtkû (fuir) 


• 


Ind. prés.: ffui 


Subj. 


prés.: que ffuh 


tu fui 




„ tu fms 


i fui 




n ifuis 



76 



ffmson 
vo fuUè 
i fuis 
Ind. impf. ffuie 
tu fuie 
i fuie 
fJuUion 
vo fuisiê 
i fuisé. 



que ffuison 
„ vo fuUi 
n if^is. 
Subj. impf.: „ ffui 

etc. 
pi. 3 p.: „ i fui. 
Part, prés.: futsaîi. 



13. Haï (haïr). 

Iiid. prés.: je haï Parf. déf: inusité. 

tu haï 
i haï 
fhaison 
vo haisé 
i haïs. 



Ind. 



14. Lûre (lire). . 

prés.: flûe Subj. prés.: que flûëz 

„ tu lûëz 



Ind. 



tu lue 
i lue 
fluëzon 
vo luëze 
i lûëz 
impf.: f luëze 
etc. 

W. fluëzi. 



Subj. impf.: 



,flûërê 

^uëzan, lue ou luëzu. 



„ i liiez 
ff fluëzon 
„ vo luëze 
„ i lûëz, 
„ fluëzi 
„ tu luëzi 
ff i luëzi 
„ fluëzision 
„ vo luëzisié 
„ i luëzisj 



\ 



15. Méte (mettre). 
Hn. P. P.: ?nin, f. minz. 



77 



16. Moûori (mourir). 
Parf. déf.: f moûori, etc. 



17. Nuire (nuire). 



P. P. nuëztt. 



18. Fieure (pleuvoir). 

Ind. impf.: / piouvc. Subj. impf.: qu' i piouvl. 
Fut. simple: / pteûëra. 

19. Pouvo (pouvoir). 

Subj. pre's.: que jptês, etc. 
Parf. déf.: /peu (rarement: fpouvi). Subj. impf.: que f peu 

etc. etc. 

Put. simple: j\poûëre, etc. „ fpeûsion 

„ vo piêsié 
P. P.: peu, „ i peu. 

20. Preuve (prendre). 

Ind. prés., pi. 3 p.: / pi'ane, 

Parf. dof.: fprin, P. P.: prin, f. prinz. 



21. Bire (rire). 



Parf. de'f.: frizi 
tu rizi 
i rizi 



•î„-*r. 



j 'rttme 
vo rut 
i riit. 



22. Savo (savoir). 
Subj. prés.: que fsave Parf. déf.: fseu 



etc. 
ff f savon 
etc. 
Fut. simple: /seëré. 

etc. 



etc. 



P. P. seu. 



23. Sûre (suivre). 
Se conjugue comme lûre, à l'exception du p. p.: sûëzi. 



76 



ffm»on 
vo fmsé 
i fuis 
Ind. impf. ffuie 
tu fuie 
i fuie 
jyuision 
vo fuîsié 
i fîiisé. 



que ffuison 
„ vo fuisé 
„ ifuis. 
Subj. impf.: „ ffui 

etc. 
pi. 3 p.: „ i fui. 
Part, prés.: fmsan. 



13. Haï (haïr). 

Ind. prés.: je haï Parf. déf: inusité. 

tu haï 
i haï 
fhaisan 
vo hatsê 
i haïs. 

14. Lûre (lire). . 

Ind. prés.: flûe Subj. prés.: que flûëz 



tu lue 
i lue 
fluëzon 
vo luëze 
i lûëz 
Ind. impf.: f luëze 
etc. 

Parf. déf.: fluëzL 



tu lûëz 
i lûëz 
fluëzon 
vo luëze 



Subj. impf.: 



n 
n 
» 
n 

y, i lûëz, 
„ fluëzi 
tu luézi 



n 



i luëzi 



Fut. simpl.: flûërê 
Participes: luëzan, lue ou luëzu, 

15. Méte (mettre). 

Parf. déf.: fmin. P. P.: ?nin, f. minz. 
etc. 



;, fluëzision 
„ vo luëzisie 
„ i luëzisj 



77 



16. Moûori (monrir). 
Parf. déf.: f moûori, otc. 



17. NtUre (nuire). 



P. P. nuëzn. 



18. Fienre (pleuvoir). 

Ind. impf.: / pioiive. Subj. impf.: qu'' f piouvï. 
Fut. simple: / pleûëra. 

19. Pouvo (pouvoir). 

Subj. pre's.: que jpiës, etc. 
Parf. dét: /peu (rsiremmi: fpotwi). Snhj,mT^t: que f peu 

etc. otc. 

Put. simple: j\poûërr, etc. „ fpeûsion 

„ vo piêsie 
P. P.: peu, jy i peu. 

20. Prenre (prendre). 

Ind. pre's., pi. <S p.: / prane, 

Parf. dof.: fprln. P. P.: prin, f. prinz. 



21. Rire (rire). 



Parf. de'f.: frizi 
tu rizi 
i rizi 



O—'T. 



) rnme 
vo rut 
l riit. 



22. Savo (savoir). 

Subj. prés.: que fsave Parf. déf.: fseu 

etc. etc. 



f, f savon 
etc. 
Fut. simple: fseeré, 

etc. 



P. P. seu. 



23. Sûre (suivre). 
Se conjugue comme lûre, à l'exception du p. p.: sûëzi. 



78' 

24. Tmn (tenir). 

Ind. prés.: ftie Fut. simple.: ftiëre 

tu tie etc. 
/ tie 

fVno7i P. P.: Vneu ou tm, f. ^2W2^. 

/ tiëne. 
De la même manière se conjugue v'nin (venir), qui ce- 
pendant n'a que la forme v'neu en p. p. 

25. Vali (valoir). 

Subj. prés.: que fvcd Parf. déf.: fvali P. P. naU. 

etc. etc. , 

26. Vèe (voir). 
Ind. prés.: fve Impf.: fvéie 



tu vë 


etc. 


i vé 


P. P.: veu. 


no véion 


- 


vo véie 




i vè. 


. 


27. 


Véti (vêtir). 


Ind. prés.: fvet 


Impf.: fvété 


tu vét 


etc. 


i vét 


Participes: vétisan, véti. 


fvéton 




vo vété 




i vét. 





28. Vouli (vouloir). 

Ind. prés., pi. 3 p.: i veur. Parf. déf.: f vouli 

etc. 
P. P.: vouli. 



79 

ÉehanUllohs. 
I. 

La parabole de l'enfant prodigae en patois 

du Tal de Saire. 

Un honme avé denz êfan. Upn jone di à san père: 
man père, qit'i U di, faô m'dound cha qui de me rVnin 
d'vof bk âpre von joûor. É Tbouon honme s'débrouii 
d'il en batte etine miêt. Apre, Vpu jone d'sé denz èfmi 
s'min à rumâsô toit san hlhMo "é «'n àli bie louan dépense 
ton x'n ërjen; é là, qu' cha n]fii pô lon^ can il mi tout 
avalô, v'là4'i pô qiCeime qrand fam'ène vin désola tmi 
chu pat4à, é agvô de Vméte dan la minzëre, Por du 
cou, i fît oblijie de s' loué domëstic cheu un honnie qui li 
di q\Ci falé s'n âlô à eune d^sé fërm por i (jardd U cochon. 
Can il i fu arivd, la minze^e Vdécccchi si tré-tan qu'il 
éré hie voulu avo peu majie cha qn'i donné à se cochon, 
me i nH été pô përmin d*i touquie, 

Cha U fi r^pe7isd à cheu li, é i sUlizé dan H qu* lé 
oalé son bie pu heur eu cheu li quHchin: i maju tréjou 
d'bouon pan, é mé, fcrëv la fan ichin. I faô que fmH 
en rHourn, é pdiré à man père qtie fn'si pu dingne d'ete 
apHô s'n éfan, car fi tro manquie o bouon Dieu é à Vitou. 
J^li d'mamPré de m' méte aveu se valé. 

Apre cha i par por âlô tronvô san père. Il été en- 
cou bie louan ^ can V bouon honme Pavizi; cha U fi pitié, é 
l s'^n àli (Vvan (VU, U saôti o cô é Penbrachi, 

ChHichlH II di: man poiior poupa^ fsï bie coupabie 
éz ûr du bouofi Dieu é es vote tou, é je n'^s'i pu dingne 
(Vportô vof nom, 

K du cou Vbouon honme qu^mandi à se j'en d'àlô 
trachle hie vit dé culot, etme btaôd, dé souiie é un cape 
cPtout biaôtô por Vhabiiie dé pu à la tét é d'am^?iô Vpu 
biaô viaô por Vtué, fêre eune bel jét é hie s'régalô^ à côs 



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g'w' nof garçon été mor é il e rèsusifô, été përdti é il ë 
retrouva. Ê i s'mint foûos à majie é à bere, à dancJiie 
é à chanta. S'n aôte garçon, Vêm, qti' été à travalie 
dan lé cïd, arivi^ é pre ctcheu li qu'^menchi à ecoutô, é 
n'savé chaque cha voulé dire. Vadte li répouni: ch^e voV 
frèi*e qiC ë r'^v^nm^ é motisimi a fé tué un viaô é me ton 
a/t'en d'sti d^sou, pi qu'il e rarivô en boune santô. — Cha 
rfachi si tré-tan qu'i n'^vonli pôz entra. San père sorti 
par fy décidô. 

ChHichin li di: man përe, oHà bie d'z anâ que fs^ 
daveu va, ti fpett in'vantô que janme fnH ffuzô défère 
cha qu' oo m\wè qu'mandô, é enjotiord'janmevon^tn'ave 
procuré un mio (Tplézi. Agnie qu' chu grau étoûordi rariv 
aprêz avo majie ton voV bie aveu tou varie coume li, voz 
ave tué Vvlaô gra; i a ma fé bie d'qué afolô. 

Mail poûor éfan, qu'Ji rbouon honme d'opéré, fe tré- 
jou daveu mé é cha qu fé^ s'ra por té; n'falé-tri pô bie 
s'rèjoui eune miét é s'méte d- boune imeu, pt qu'* tan frère 
qu'enté défun e résusitd, fVavion perdu é Vv'là r'trouvô. 



II. 

Proverbes. 

1. Ecopi d\su é pri rboiion Dieu qu'l jël *). 

2. Un chie qui couor deu liëvre n'^en atrap piéch. 
S. Doûoz métie, trëz minzere. 

4 II e ôsin p'érmin à f âne debrereqiCorosignold' chanta. 

5. A la mi-mé, coue d'ivé. 

6. A la mi-avri, le coucou ë mor ou vi ^J. 

7. A Pâc tou pas ^). 



' ) Se dit en plaisantant, quand on veut rapprocher. les parties 
d'un objet brisé. 

*) C'est-à-dire, il doit être venu, ou il ne viendra pas. 

*) Se dit en fait d'habillement: les uns ont leurs habits d'hiver, 
les autres ont des habits d'été. 



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8, A VAsension, à ha la lane é haô Vcoton *), 

9, A la PatCtoûoty fad ete bé, que qti'U en coût ^), 
10. Cté (tlune à Nôél, cter gavél^y 

U. Can la sémane slnf e née, le më cTaô P. hé, 

12. Faô qu"" févrle euple U fôsô é qu mûrs lé r\séc. 

13. Can i pieu rjoûor Sin Médar, lutter dé hie e o hazâr ''). 

14. L^taô tria P'èrnél vaô un sou la l'érm ^). 

io. Can i pieu Vjoûor Sin Jac é Sin Filrp ^), à ha PvPr 

é la pip ^^), 
16. L'joûor S/'n Toumây lé joûor son tout o ba, puch ta 

Uhîv é lav té dra, sou tré joûor Nôé fera •*^. 

•) On ne met plus les habits de laine, mais ceux de coton. 

*) Il est temps de faire ses habits d'été. 

*) S'il fait clair de lune à Noël, la récolte sera mauvaise. 

') St. Merdard se fête le 8 Juin; quand il pleut ce iour-là il 
doit, dit-on, pleuvoir pendant quarante jours. 

*) La Femelle est une foire aux environs de St. Pierre Eglise, 
qui a lieu le 31 mai. 

•) Le l:er mai. 
") Il n'y aura ni pommes ni tabac. 
") La fête de St. Thomas est le 21 décembre.